Scénario d’Yves H. – Dessins et couverture d’Hermann
Septembre 2010 – 54 pages
Editeur : Le Lombard – lelombard.com
Le « Cormoran » fait escale dans un port d’Amérique du Sud. Son capitaine, Bernard Prince, et son second, Barney Jordan, ont rendez-vous en ville avec un client potentiel. Ils laissent donc à Djinn le soin de garder le bateau en leur absence. Mais rien ne va se passer comme prévu puisque leur jeune compagnon et le « Cormoran » vont disparaître sur le fleuve.
C’est en 1966 qu’Hermann a graphiquement créé le personnage de Bernard Prince, cet ancien membre d’Interpol qui abandonne la ville pour naviguer, au gré des vents, sur les mers du monde entier. Et c’est en 1978 qu’il abandonne le capitaine du « Cormoran », après un 13e album intitulé « Le Port des fous », aux mains expérimentées de Dany (Olivier Rameau, Arlequin), puis d’Edouard Aidans (Tounga, Les Panthères), le temps de deux albums chacun. Point d’ancrage de la série, le scénariste Greg conserve, jusqu’à sa disparition prématurée en 1999, le ton bon enfant des aventures de Bernard Prince destinées à un public de 7 à 77 ans.
En reprenant un personnage qu’il a abandonné depuis plus de trente ans, Hermann prend des risques. En effet, depuis ses années Tintin, quand il dessinait les aventures de Bernard Prince, de Comanche (une fois encore avec Greg) et de Jugurtha (avec Jean-Luc Vernal), son dessin a évolué. Depuis cette époque, il est devenu son propre scénariste pour des histoires destinées à un public définitivement plus adulte avec Jeremiah et Les Tours de Bois-Maury. Ses multiples collaborations avec Yves H. vont également dans ce sens avec des one-shots qui permettent aux Huppen père et fils de toucher à tous les genres, du thriller à la politique-fiction, sans les limitations imposées par une série à personnages récurrents.
Lorsque l’on découvre ce 18e épisode des aventures de Bernard Prince, l’évidence saute aux yeux, le dessin d’Hermann a définitivement changé et on aurait bien du mal à reconnaître dans le héros de cet album, le Bernard Prince de « Général Satan » ou du « Port des fous ». Et, s’il faut chercher des ressemblances, c’est plutôt du côté de Jeremiah qu’on les trouve. Tout, dans le graphisme et la mise en couleurs directe, renvoie en effet à cette œuvre d’Hermann.
Par contre, côté scénario, Yves H. fait un véritable retour aux sources de la BD d’origine. Il ramène ainsi sur le devant de la scène un vieil ennemi du capitaine du « Cormoran », ainsi qu’un autre personnage haut en couleur. Il conserve par dessus tout l’aspect aventure de la série et l’éternel esprit boy scout de Bernard Prince. Il ajoute également une dimension politico-écologique à cette « Menace sur le fleuve ».
Ce 18e album des aventures de Bernard Prince se lit donc avec une certaine nostalgie, surtout lorsque l’on a eu le plaisir de découvrir les premières histoires du personnage dans les pages de l’hebdomadaire Tintin. Ce n’est peut-être pas le meilleur album de la série ni le meilleur album d’Hermann, mais il respecte les règles imposées par son créateur, Greg, à savoir : détendre et divertir un public le plus large qui soit.




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