BD : Clafoutis n°4


Sous la direction de Guillaume Trouillard
Janvier 2011 – 134 pages
Éditeur : Éditions de la Cerise - editionsdelacerise.com

Comment définir Clafoutis en quelques mots ? Voyons, on peut dire que Clafoutis est une revue, à parution plutôt irrégulière, élégante par la forme et toujours surprenante par le contenu. Avec ses quatre numéros en à peine plus de sept ans, Clafoutis apparaît ainsi comme un véritable OGNI (Objet Graphique Non Identifié). En effet, on peut découvrir, dans ses pages, des bandes dessinées au découpage en cases très classique, avec phylactères, d’autres à la mise en page plus originale et sans la moindre bulle, mais aussi des illustrations pleine page accompagnant des textes finement ciselés. Bref, toutes les techniques et tous les modes narratifs permis par le 9ème art sont au rendez-vous de Clafoutis.


Véritable âme et cheville ouvrière de Clafoutis, Guillaume Trouillard, en plus d’assurer la conception graphique et la direction de cette publication, signe la superbe couverture et l’illustration de deux des treize histoires proposées dans des styles fort différents.
Digne continuateur des peintres C. Robin et François-Maurice Roganeau, il déconstruit, en cinq dessins pleine page, le superbe plafond du Grand Théâtre de Bordeaux, qui sert de décor au texte de Jean-Luc Coudray intitulé « Le concert ».
S’inspirant de la technique de la céramique attique à figures rouges, Guillaume Trouillard revisite également le mythe de « Thamyris », légendaire musicien thrace qui défia les Muses, sur un scénario d’Antoine Trouillard qui combine fidélité et inventivité, permettant ainsi à l’aède de croiser brièvement Héraclès et Orphée.


Outre, les excellents travaux de Guillaume Trouillard, on ne peut qu’être séduit par l’efficacité des histoires sans parole « That Bright Land » de Tobias Tycho Schalken et « Buck » d’Adrien Demont. Il serait difficile de ne pas être séduit par le style et la totale maîtrise du noir et blanc qui domine « Qui dit amour, dit jalousie » du maître italien Sergio Toppi et « Ostern Morgen » de Gabriel Schemoul. On retrouve également, au sommaire de ce quatrième
Clafoutis, quelques auteurs déjà croisés dans les numéros précédents parmi lesquels le très expérimental Samuel Stento, l’énergique Vincent Perriot, l’Espagnole Sonia Pulido et l’Argentin Carlos Nine, auxquels se joignent David B., Stefano Ricci et Anke Feuchtenberger.
S’il est tout à fait permis de ne pas aimer tout ce que propose Clafoutis, il est rigoureusement impossible de rester insensible à la qualité et la diversité des histoires, proposées par une revue qui relève véritablement de l’exceptionnel.
 

Commentaires