BD : La débauche


Scénario de Daniel Pennac - Dessins de Jacques Tardi
Janvier 2000 – 76 pages
Éditeur : Futuropolis Gallimard - futuropolis.fr

Lorsqu’un chômeur en cage, se nourrissant exclusivement de nourriture pour chiens Katy Dog, devient l’attraction numéro un du Jardin des Plantes, Lili, la vétérinaire, est l’une des rares à s’indigner de cette présence. Et, lorsque ledit chômeur est retrouvé pendu, Lili a la très mauvaise surprise de se retrouver accusée de cette mort, qui se révèle rapidement n’être en rien accidentelle, par nul autre que Justin, son policier de fiancé.


Bien avant de coscénariser, avec Tonino Benacquista, les cavalcades de
Lucky Luke contre Pinkerton pour Aché et Lucky Comics, en 2010, Daniel Pennac, auteur de polars bien connu, se livre ici à une critique bien sentie de certaines mœurs et coutumes de l’être humain moderne. À travers La débauche, Pennac dénonce les licenciements abusifs, le rôle excessif des médias et l’égoïsme de bon nombre de nos contemporains qu’il oppose, avec humour, à une réelle solidarité animale, celle des pensionnaires du Jardin des Plantes. En lisant La débauche, on a véritablement l’impression que les mots de Daniel Pennac se transforment en images, un peu ce qu’avait réussi Yves Boisset en adaptant « La Fée Carabine » dans le cadre de la collection télévisée Série Noire, en 1988.


C’est Jacques Tardi qui met en images ce texte inédit de Daniel Pennac. Il le fait avec la même efficacité que ses adaptations des romans de Léo Malet ou ses collaborations avec Jean-Patrick Manchette. Délaissant le noir et blanc qui sied si bien à ses polars de bandes dessinées, il offre de vives couleurs à ce conte social. Même si son trait est aussi fort et puissant qu’à l’habitude, Tardi le met entièrement et efficacement au service du scénario de Pennac.
Si Tardi s’occupe tout naturellement de la totalité des personnages, humains et animaux, et de l’intégralité des superbes décors parisiens de cet album (dont le Jardin des Plantes qui renvoie forcément à Adèle Blanc-Sec), ainsi que de la mise en couleurs, il a confié à son ami Jacques Loustal le soin de concevoir les tableaux réalisés par M. Hélas, le peintre manchot.
On retrouve dans La débauche tout ce qui fait le sel des romans de Daniel Pennac, des personnages hauts en couleurs et une histoire forte, contée sur un mode léger, que Jacques Tardi illustre à merveille. Et, même si la conclusion de ce récit n’est pas des plus réaliste, elle apporte une fin très morale à cette véritable fable sociale.
 

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