BD : Le Dauphin, Héritier des ténèbres tome 1 : L’Enfant du Temple


Scénario de Maxe L’Hermenier – Dessins de Brice Cossu - Couleurs de Yoann Guillo
Mars 2011 – 48 pages
Drugstore - glenat.com

Et si le jeune Louis-Charles de France, fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, potentiel héritier du trône, n’était pas mort, en 1975, à l’âge de dix ans, dans la prison du Temple. Et si le démon Baphomet, prince des ténèbres, lui avait offert la possibilité de se venger de ceux qui ont tué ses parents, et de l’humanité tout entière, en lui donnant la possibilité de devenir immortel en arrachant les âmes noires de ses proies humaines. Tels sont les arguments de base de la nouvelle série fantastique développée par Maxe L’Hermenier (Pirates des 1001 lunes) et Brice Cossu (Rémission) pour les éditions Drugstore.


Il est toujours difficile de juger le premier chapitre de ce qui, si les lecteurs sont au rendez-vous, pourrait devenir une longue saga. En effet, un premier tome a toujours la lourde tâche de présenter le héros, sa motivation et le décor de ses exploits, sans oublier ses proches et ses indispensables antagonistes.
Pour atteindre cet objectif, le scénariste Maxe L’Hermenier a choisi d’utiliser une narration non linéaire, faisant ainsi avancer en parallèle le récit de la transformation du jeune dauphin de France en un tueur sans pitié, entraînant les lecteurs au cœur du royaume des ténèbres, et l’action contemporaine qui permet de suivre le chasseur d’âmes qu’il est devenu en Chine, puis à Paris.


La mission de ce premier tome est pratiquement réalisée puisque Maxe L' Hermenier parvient à rendre attachant le personnage de Louis, ce meurtrier immortel et limite asocial, dont la carapace d’indifférence dissimule mal ses nombreuses failles et contradictions. Pour atteindre son but, le scénariste est efficacement épaulé par Brice Cossu, dont le dessin réaliste et énergique donne, son visage de séducteur et son physique d’aventurier à Louis, lui donnant de faux airs de Dampierre et de Largo Winch, réussissant ainsi à ne pas rendre antipathique ce personnage de chasseur d’âmes. Cossu est d’ailleurs un habitué des créatures ésotériques puisque, avant les démons et les âmes damnées de ce
Dauphin, Héritier des ténèbres, il a illustré, sur un scénario d’Ange, le Psaume 2 de Paradis perdu, dont le héros est Jacob, un ange déchu.
Mêlant histoire et fantastique, ce premier tome de Dauphin, Héritier des ténèbres, présente cependant plusieurs handicaps. Ainsi, à cause de son thème principal, la quête de l’immortalité, il fait trop souvent penser à Highlander, sans les décapitations et la musique de Queen. De plus, en introduisant un peu trop rapidement, un bon nombre de personnages aux motivations mystérieuses, il fait se poser beaucoup plus de questions qu’il n’apporte de réponse. On peut cependant espérer qu’un second tome viendra prochainement apporter un début de solution à ces multiples énigmes.
 

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