BD : Snake Woman tome 1 - Un serpent humain


Scénario de Zeb Wells – Concept original de Shekhar Kapur – dessins de Michael Gaydos – Couleurs de Sampath Kumar et I. Jeyabalan – Couverture de Mukesh Singh
Avril 2008 – 58 pages
Fusion Comics (Soleil/Panini) - paninicomics.fr

Los Angeles, Jessica et son amie Jin travaillent toutes les deux comme serveuses dans un bar, le Bad Karma, et partagent un petit appartement. Sans être la plus merveilleuse qui soit, sauf pour Jin qui a un véritable coup de foudre pour leur tout nouveau voisin de palier, le beau Raj, la vie ne fait que commencer pour les deux jeunes femmes. Pourtant, à peine quarante-huit heures plus tard, Jessica se retrouve, les mains pleines de sang, face au cadavre d’un inconnu.


Plus encore que cette bande dessinée elle-même, c’est son étrange genèse qui est des plus intéressante. En effet,
Snake Woman fait partie des tout premiers titres édités dans la collection Director’s Cut de l’alors toute nouvelle maison d’édition de comic books basée à New York : Virgin Comics. Et, comme son nom l’indique, Virgin Comics est une création du célèbre entrepreneur anglais Sir Richard Branson (Virgin Records, Virgin Megastore,…), avec la participation de l’acteur-réalisateur-producteur indien Shekhar Kapur (Elizabeth, Frères du désert) et de plusieurs autres artistes et investisseurs indiens.
Ce mélange original explique que la superbe couverture du tout premier volume des aventures de Snake Woman ne soit pas l’œuvre de Michael Gaydos (Daredevil : Redemption), qui se contente d’illustrer, avec le talent qu’on lui connaît, les quelque cinquante-huit planches de cet album, mais qu’elle porte la signature de Mukesh Singh et Suresh Seetharaman, artistes bien moins connus en occident. Ceci explique également que la paternité de cette histoire de femme serpent se vengeant du genre masculin, inspirée du folklore indien et du dieu-serpent Nâga, ne soit pas attribuée au scénariste Zeb Wells (Venom : Dark Origin), mais à Shekhar Kapur.


En effet, l’une des ambitions de Virgin Comics, qui a produit, de 2006 à 2008, plus d’une quarantaine de titres, avant de disparaître, est de mêler la puissance narrative des comics à la tradition indienne pour créer un mélange innovant capable de conquérir le public américain et international. Cela donne des séries telles que
The Sâdhu (de Gotham Chopra et Jeevan J. Kang), Devi (de Shekhar Kapur, Siddharth Kotian et Mukesh Singh), Blade of the Warrior Kshatriya (d’Arjun Gaind et R. Manikandan) ou encore Buddha – A Story of Enlightenment (de Deepak Chopra, Joshua Dysart et Harshvardhan Kadam). Quant à la collection Director’s Cut, elle se propose de décliner en bandes dessinées les idées ou bien simples concepts issus de l’imagination par des cinéastes bien connus comme Guy Ritchie et son Gamekeeper (développé par Andy Diggle et Mukesh Singh), John Woo avec ses 7 Brothers (par Garth Ennis et Jeevan J. Kang), Jonathan Mostow et ses Megas (par John Harrison et Peter Rubin) ou le duo père-fils Nicolas et Weston Cage avec leur Voodoo Child (par Mike Carey et Dean Hyrapiet).


Réunissant deux artistes rodés aux arcanes du comic book,
Snake Woman, pour sa part, offre à lire une très classique histoire de réincarnation et de vengeance. Le dessin appuyé de Michael Gaydos parvient ainsi à créer une ambiance sombre à souhait, tandis que Zeb Wells, utilisant une narration faite de flash-back, fait lentement, un peu trop lentement diront certains, progresser l’intrigue. L’efficacité de ce duo de professionnels permet ainsi à Snake Woman de ne pas sombrer dans la banalité d’un récit de possession et de vendetta déjà vu et revu au cinéma et en bandes dessinées.
Jessica, personnage principal de Snake Woman, est la victime d’une malédiction dont le mystère n’est que partiellement révélé dans ce premier tome. Il semble également que la série Snake Woman soit maudite puisque, après une vingtaine d’épisodes, elle a perdu son éditeur aux États-Unis, et, après seulement deux tomes, elle a également perdu son éditeur français, se transformant ainsi en une œuvre rare.
 

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