FILM : The Losers


Scénario de Peter Berg et James Vanderbilt – d’après le comic book d’Andy Diggle et Jock (DC Comics/Vertigo) – réalisation de Sylvain White
Sortie en salles : 23 avril 2010 (USA)
Weed Road Pictures, Dark Castle Entertainment et Warner Bros. Pictures

Trahis, laissés pour morts en Bolivie, le lieutenant-colonel Franklin Clay et les quatre hommes de son unité spéciale vont tout faire pour retrouver ceux qui les ont piégés. Aidé par l’énigmatique Aïsha, ceux qu’on appelle les Losers vont traquer le mystérieux Max qui semble être la cause de tous leurs malheurs, mettant ainsi à jour un terrifiant complot.


Adapter une bande dessinée pour le cinéma ou pour la télévision n’est jamais une chose facile, car les impératifs de ces deux types de média sont loin d’être similaires et se révèlent parfois incompatibles. Les réalisateurs s’attaquant à l’adaptation d’une BD sont ainsi régulièrement amenés à en trahir la forme pour mieux en respecter le fond, même si parfois la trahison est telle que ni la forme, ni le fond ne se retrouvent dans l’œuvre finale.
Pour sa part, Sylvain White fait le choix d’une certaine fidélité à l’œuvre originale en condensant l’essentiel des trente-deux épisodes du comic book original, publiés entre 2003 et 2006 sous le label Vertigo de DC Comics, en 97 minutes de film. S’inspirant principalement de deux arcs scénaristiques de la bande dessinée, « Ante Up » (épisodes 1 à 6) et « Double Down » (épisodes 7 à 12), le long-métrage de White propose ainsi un concentré d’action qui convient parfaitement au grand écran sans trahir l’esprit du comic book dont il reprend, presque à la lettre, certaines scènes clé (les doigts flingueurs de Jensen, la spectaculaire fin de Wade,…).
Les trahisons par rapport à l’œuvre originale se révèlent minimes : transposition de l’action d’un lieu à un autre, rétablissement de l’ordre chronologique et apparition précoce du grand méchant Max (magistralement interprété par Jason Patric).


Alors que la fidélité au comic book est évidente dès la découverte des acteurs principaux qui, sans être la copie conforme de leur version papier, peuvent être immédiatement identifiés par n’importe quel lecteur, même occasionnel, de la bande dessinée. Jeffrey Dean Morgan (déjà vu dans Watchmen) campe un Clay impérial, Columbus Short est parfait dans le rôle de Pooch, Oscar Jaenada est aussi taciturne que le Cougar de la BD et Zoe Saldana apporte tout son charme à l’explosive Aïsha. Mais, en la matière, la palme revient évidemment à Chris Evans (ex-Torche Humaine des Quatre Fantastiques et nouveau Captain America) qui interprète un Jensen plus vrai que nature, délirant à souhait. Seul le personnage de Roque échappe à cette fidélité puisque le balafré blanc de la BD est remplacé par Idris Elba (très curieux Heimdall dans Thor) qui apporte toute sa force et son charisme à ce personnage plutôt antipathique au final. Mieux encore, l’esthétique même du film de Sylvain White, avec ses couleurs saturées, correspond parfaitement au travail réalisé par le coloriste Lee Loughridge sur le comic book d’Andy Diggle et Jock.
Adaptation réussie de la bande dessinée, The Losers a cependant un certain handicap qui apparaît plus à la vision du film qu’à la lecture de la bande dessinée. En effet, sur grand écran, Clay et son équipe font irrésistiblement à L’Agence tous risques, une impression beaucoup moins palpable dans les cases dessinées par Jock (épisodes 1 à 6, 9 à 12, 16 à 19, 23 à 25, 29 à 32 et l’ensemble des couvertures), Shawn Martinbrough (épisodes 7 et 8), Nick Dragotta (épisodes 13 et 14), Alé Garza (épisode 15), Ben Oliver (épisodes 20 à 22) et Colin Wilson (épisodes 26 à 28).Disponible en DVD Vidéo et Blu-ray, The Losers n’en reste pas moins un excellent divertissement étonnamment fidèle au matériel original et qui bénéficie d’un commentaire audio d’Andy Diggle et de Jock des plus intéressant.
 

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