Scénario
de Fabien Vehlmann – Dessins de Bruno Gazzotti – Couleurs d’Usagi
Juin
2011 – 48 pages
Dupuis - dupuis.com
Dodji,
Leïla, Camille, Yvan, Terry et tous les autres enfants de Fortville savent
enfin pourquoi ils sont seuls dans la grande ville déserte. C’est parce qu’ils
sont tous morts et le souvenir de leur décès leur revient lentement en mémoire.
Cependant, cela n’explique pas tout. Ainsi, ils ne savent pas pourquoi, ils
sont contraints d’errer dans cette cité vide. S’agit-il du Purgatoire ?
Est-ce l’Enfer ? Une chose est certaine, cet endroit ne ressemble en rien
au Paradis !
Après
cinq albums époustouflants où l’efficace duo Vehlmann-Gazzotti s’est amusé à
balader ses jeunes lecteurs (et en priorité ceux de l’hebdomadaire Spirou où cette série est prépubliée)
entre science-fiction et fantastique, ce nouvel opus semble marquer une pause
dans la progression dramatique de l’intrigue. Même s’il se passe beaucoup de
choses dans cet épisode, avec la reprise de la rivalité entre ceux de Fortville
et le Clan du soleil de Saul, la capture d’Yvan, le prochain retour d’un Boris
transformé, …, il ne s’y produit cependant aucune nouvelle révélation.
La quatrième dimension et demie peut ainsi être vue et lue comme une brève
décompression après la révélation finale d’Au
cœur du maelström. On retrouve d’ailleurs un peu de cet humour potache qui
avait disparu des albums précédents, tandis que reprend la guerre des boutons
puissance dix qui oppose Dodji et les siens à l’ex-Clan des requins de Saul. Cette
Quatrième dimension et demie se
présente comme une simple, mais très efficace tant par le scénario que par le
dessin, phase de transition avant de plonger plus profondément encore au cœur
des mystères qui entourent les enfants de Fortville, et ceux-ci sont encore
nombreux.
En
effet, la mort des jeunes héros ne peut à elle seule expliquer que plusieurs
dizaines d’enfants se retrouvent, ensemble, en un lieu vide de toute autre vie
ou presque. Elle ne permet pas de savoir s’ils sont piégés en un lieu
intermédiaire entre la vie et l’au-delà qui ressemblerait au Purgatoire
catholique. Cela n’explique pas non plus la présence d’un monolithe noir
entouré de cairns rouges assemblés par des singes agressifs. Quant à la menace
que représente les énigmatiques 15 familles, elle semble se préciser petit à
petit. Autant de mystères que Fabien Vehlmann prendra tout le temps d’élucider
dans les neuf albums qui restent à venir s’il respecte le plan de marche qu’il
s’est fixé pour Seuls puisque
l’histoire doit être complète en trois cycles composés de cinq albums chacun.
Même
si Seuls a toutes les apparences
d’une bande dessinée destinée à un public juvénile, Fabien Vehlmann et Bruno
Gazzotti livrent une œuvre bien plus complexe et bien plus ambitieuse qu’il n’y
paraît au premier abord. Véritable thriller fantastique, mâtiné d’un brin de
métaphysique, Seuls possède
différents niveaux de lecture capables de combler les lecteurs les plus jeunes comme
d’intéresser les plus grands, sans aucune limite d’âge.




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