Scénario,
dessins et couleurs d’Étienne Davodeau
Avril
1996 – 100 pages
Dargaud - dargaud.com
Vincent
file sur l’autoroute pour rejoindre Anne, sa fiancée, à l’autre bout du pays.
Ce faisant, il tente un pari risqué car il est dans les emmerdes jusqu’au cou.
Ingénieur au chômage, il s’est acoquiné avec une bande de trafiquants et
l’arrière de son break déborde de matériel volé. Poursuivi par ses complices
furieux et prêts à tout pour récupérer leur marchandise, Vincent va faire
d’étranges rencontres sur sa route, à commencer par Abel, un vieil homme qui
vient de s’évader de sa maison de retraite.
Dans
Le Constat, Etienne Davodeau fait se
rencontrer des gens ordinaires, Vincent, un ingénieur sans emploi, Abel, un
retraité en cavale, Rose, une auto-stoppeuse professionnelle, et quelques
autres, pour leur faire vivre des histoires qui appartiennent au quotidien,
même s’il faut bien convenir que l’histoire de Vincent lorgne franchement du
côté des faits divers, à la limite de la rubrique judiciaire. En effet, le
scénariste et dessinateur aime à faire vivre à ses personnages des évènements
qui bouleverseront leur vie à jamais, sans que cela ne vienne pour autant bouleverser
le reste du monde.
Etienne
Davodeau se plait ainsi à analyser le caractère de ses personnages en se
servant des rencontres qu’il les amène à faire tout au long de cette sa longue
route, les uns servant de catalyseurs aux autres et réciproquement. A ce jeu,
Vincent, qui devrait être le personnage principal de cet album, se fait définitivement
voler la vedette par Abel dont on découvre, par touches successives, le passé,
le présent et l’absence d’avenir.
Conçu
comme un road movie, avec trois personnages centraux : Vincent, Abel et
Rose, Le Constat manque un peu de
rigueur dans la narration pour rivaliser avec les meilleurs albums de Davodeau.
Après une centaine de pages, la fin ouverte de cette aventure peut également
déstabiliser plus d’un lecteur. Il n’en reste pas moins que l’auteur parvient
sans peine à captiver son lectorat sur toute la longueur de cet album paru, aux
Editions Dargaud, dans la collection Long Courrier, alors dirigée par
Guy Vidal.




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