FILM : Captain America : The First Avenger


Scénario de Christopher Markus et Stephen McFeely – d’après le personnage créé par Joe Simon et Jack Kirby (Marvel Comics) – réalisation de Joe Johnston
Sortie en salles : 22 juillet 2011 (USA) et 17 août 2011 (France)
Marvel Studios et Paramount Pictures

Alors que la guerre fait rage en Europe, de jeunes Américains s’engagent pour aller se battre pour délivrer le monde de la menace nazie. Steve Rogers fait partie de ces volontaires enthousiastes, cependant sa faible corpulence et son asthme chronique l’empêchent d’endosser l’uniforme, tandis que son ami Bucky Barnes rejoint le 107ème d’infanterie qui se prépare à partir sur le front. Mais Steve Rogers n’est pas homme à renoncer et son insistance attire l’attention du docteur Abraham Erskine responsable du projet Super Soldat.


Ce n’est pas la première fois que le très emblématique Captain America, créé en 1941 par le
  duo Joe Simon et Jack Kirby pour Timely Comics (ancêtre direct de Marvel Comics). Ainsi, dès 1944, le comédien Dick Purcell incarne le plus patriote des super-héros dans les quinze épisodes d’un serial produit par Republic Pictures. À la fin des années 70, c’est Reb Brown qui devient, le temps de deux téléfilms diffusés sur la chaîne CBS, la vivante incarnation des États-Unis d’Amérique. En 1990, c’est Matt Salinger qui endosse le costume du Captain America pour affronter le Crâne Rouge, interprété par Scott Paulin, dans un film réalisé par Albert Pyun et produit par 21st Century Film Corporation de Menahem Golan. Le point commun de ces trois incarnations du Captain America est qu’aucune d’entre elles ne parvient à retrouver le patriotisme un peu naïf des premières aventures du héros créé par Joe Simon et Jack Kirby, pas plus que la puissance offerte au personnage par le dessin si reconnaissable du King Kirby.


Réalisée par Joe Johnston, la dernière version en date du personnage ne respecte pas la lettre des diverses incarnations graphiques du Captain America, ni celle de Joe Simon et Jack Kirby de 1942, pas plus que celle de Stan Lee et Kirby de 1963, pas plus que les multiples retcons et autres variations autour du super-héros étoilé dans le multivers Marvel en éternel expansion. Par contre, le film de 2011 retrouve tout l’esprit patriotique du comic book des origines en nous invitant à suivre toutes les étapes de la transformation de Steve Rogers le gringalet de Brooklyn en super-héros sans peur prêt à sacrifier sa vie pour sauver des vies innocentes.


Il faut dire que Captain America a trouvé son interprète idéal en la personne de Chris Evans, un habitué des adaptations cinématographiques de comic books puisqu’il a incarné la Torche Humaine dans les deux films consacrés aux Quatre Fantastiques, ainsi que Jensen l’un des Losers. Le comédien a travaillé dur pour se forger un physique de super-héros, musculeux à souhait, que la magie des effets spéciaux de Lola Visual Effects a su transformer pour qu’il puisse également incarner, à l’écran, le gringalet Steve.
Face à ce Captain America idéal, il fallait un adversaire de talent et c’est Hugo Weaving, l’Agent Smith de la trilogie Matrix, Elrond de la trilogie du Seigneur des Anneaux et V de V pour Vendetta, qui, avec ou sans maquillage, s’impose dans le rôle du terrifiant Crâne Rouge, chef incontesté de l’organisation militaro-scientifique nazie Hydra.
Un Tommy Lee Jones tout en sobriété et en efficacité dans le rôle du Colonel Chester Philips, Stanley Tucci qui joue avec l’accent germanique de son docteur Erskine, Sebastian Stan parfait en Bucky Barnes et la très charmante Hayley Atwell plus que convaincante sous l’uniforme de l’Agent Carter complètent à merveille cette distribution des rôles.
Outre les nombreuses références et interconnections aux univers Marvel, comme les participations de « Dum-Dum » Dugan (Neal McDonough) issu du comic book Sgt. Fury and his Howling Commandos et de James Montgomery Falsworth (J. J. Feild) emprunté à The Invaders à l’unité de choc de Captain America, le film de Joe Johnston fait de subtiles références aux aventures d’Indiana Jones et quelques clins d’œil, volontaires ou non, à la saga de La Guerre des Étoiles, autant de productions auxquelles Johnston participa en tant que membre de l’équipe des effets spéciaux ILM, et n’oublie pas l’indispensable apparition de Stan Lee (ici dans le rôle d’un général américain). Par ailleurs, le Captain America de Joe Johnston constitue le lien indispensable entre le Thor réalisé par Kenneth Branagh et le blockbuster annoncé que sera The Avengers de Joss Whedon qui participent à la recréation de la mythologie Marvel sur grand écran.
Film jubilatoire s’il en est, bourré d’action et de bons sentiments, Captain America est un spectacle agréable à voir sur grand écran en 2D ou en 3D, tout comme sur petit écran puisqu’il est disponible, depuis le 17 décembre 2011 (tout à fait dans les temps pour devenir un cadeau de Noël idéal) en DVD Vidéo et Blu-ray avec, notamment, le commentaire audio de Joe Johnston, du directeur de la photographie Shelly Johnson et du monteur Jeffrey Ford.

Commentaires