BD : Chroniques de la Lune Noire tome 0 : Et un jeu cruel


Scénario de François Froideval – Dessins de Fabrice Angleraud – Couleurs d’Anouk Pérusse-Bell – Couverture d’Olivier Ledroit
Octobre 2011 – 48 pages
Dargaud - dargaud.com

Surplombant un petit village, un château presque en ruines abrite un vieux seigneur, son vieux garde et ses vieux chiens. En ce lieu, la seule personne qui ne porte pas les traces irréversibles du temps qui passe n’est autre que la belle princesse elfique, épouse du vieux seigneur. Sa beauté, qui semble éternelle, attire la convoitise de Pazuzu, le prince-démon, qui cherche la mère idéale pour porter l’héritier qui lui permettra de gagner le pari d’envergure qu’il vient de faire avec le maître des enfers, Lucifer.


Il est certaines séries qui se refusent à mourir. À l’évidence, les
Chroniques de la Lune Noire fait partie de cette catégorie. En effet, après les quatorze tomes (cinq illustrés par Olivier Ledroit, cocréateur de Requiem Chevalier Vampire pour Nickel et neuf par Cyril Pontet, dessinateur de Succubus chez Zenda), consacrés à la saga de Wismerhill le demi-elfe et de ses fidèles compagnons, les Chroniques de la Lune Noire reviennent  avec ce tome 0 qui décrit par le menu les origines de cette épopée qui, de 1989 à 2008, a mêlé avec un certain bonheur fantasy et humour. Ainsi, tout ce qui n’avait été que suggéré ou simplement évoqué durant les quatorze épisodes des Chroniques de la Lune Noire précédemment parus est désormais définitivement mis en images par Fabrice Angleraud, bien connu pour son travail sur Magika chez Zenda. Cependant, même si l’on retrouve avec plaisir l’humour décalé de François Froideval, on ne peut que constater que cet album n’apporte rien à une saga qui avait déjà largement pris son temps pour arriver à une conclusion attendue.


Il n’y a définitivement rien à redire au dessin d’Angleraud, qui avait déjà eu l’occasion de visiter l’univers de la
Lune Noire en dessinant, en 2007, un épisode des Arcanes de la Lune Noire qui s’intéressait tout particulièrement à Pile-ou-Face, maître voleur et premier compagnon d’aventure de Wismerhill. Seule la mise en page des superbes doubles pages serait à revoir car systématiquement gâchées par la reliure du livre. De son côté, sans rivaliser avec le travail de Nicolas Guenet, responsable de la mise en couleurs des tomes 13 et 14 des Chroniques, ainsi que des Arcanes consacrées à Pile-ou-Face et Parsifal, ainsi que des quatre tomes de Magika, les couleurs d’Anouk Pérusse-Bell s’avèrent classiques et efficaces. Pourtant, malgré tous ces éléments positifs, on cherche en vain une motivation artistique ou intellectuelle à ce qui ressemble de plus en plus à un éternel retour un brin trop répétitif.
Arrivé au terme de la lecture de ces nouvelles Chroniques de la Lune Noire, c’est donc un sentiment mitigé qui domine. Il y a d’un côté un certain plaisir, un peu coupable, à retrouver l’univers de la Lune Noire, avec cet humour noir et souvent décalé qui constitue la marque de fabrique de cette série, mais d’un autre côté il y a cette certitude persistante que cet album n’apporte rien à l’histoire déjà amplement développée en quatorze tomes des Chroniques et dans trois Arcanes respectivement consacrés à Ghorghor Bey (qui fait une très brève apparition dans ce tome 0), Pile-ou-Face et Parsifal, sans oublier. Bref, « Et un jeu cruel » est plutôt à réserver aux fans hardcore de la saga de Wismerhill.
 

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