BD : Iznogoud Président


Scénario de Nicolas Canteloup et Laurent Vassilian, avec la collaboration d’Anne Goscinny – D’après les personnages créés par René Goscinny et Jean Tabary – Dessins de Nicolas Tabary – Encrage d’Alain Sirvent – Couleurs de Studio Leonardo
Février 2012 – 46 pages
IMAV Éditions - iznogoud.com

Il existe un proverbe français qui dit que le mieux est l’ennemi du bien, on en trouve un exemple parfait avec ce nouvel opus des mésaventures du grand vizir de Bagdad, Iznogoud. Il est sans doute inutile de rappeler que ce personnage a été créé, en 1962, par ce maître de l’humour et du scénario ciselé que fut René Goscinny (créateur d’Astérix et du Petit Nicolas, scénariste des meilleures aventures de Lucky Luke et rédacteur en chef du journal Pilote) et par le dessinateur Jean Tabary (créateur de Totoche et de Corinne et Jeannot pour les Éditions Vaillant et Pif Gadget).


Le concept est d’une simplicité enfantine, au début de chaque aventure le grand vizir Iznogoud planifie, en utilisant la ruse ou la magie, un moyen de devenir calife à la place du calife Haroun El Poussah, dont la gentillesse naturelle et la naïveté font qu’il est le plus aimé des califes de Bagdad. Bien évidemment, à la fin de chaque histoire, Iznogoud échoue lamentablement, malgré l’aide de son âme damnée Dilat Lahrat, ce qui ne fait que renforcer sa volonté de devenir calife à la place du calife. La marque de fabrique des aventures d’Iznogoud est un usage habituel des jeux de mots, une utilisation régulière d’anachronismes tout en respectant le décorum des mille et une nuits et la méchanceté immodérée du grand vizir.


On retrouve bien tout cela dans la nouvelle aventure d’Iznogoud, mais sans l’indispensable respect des dosages initiaux concoctés par René Goscinny et suivis par Jean Tabary lorsqu’il reprit le flambeau à la mort de son complice et scénariste. En effet, la multiplication à l’excès de jeux de mots (dont certains sont parfois à la limite de la compréhension) tue le jeu de mots. Tout comme la multiplication d’apparitions-surprise (le Petit Nicolas en page 4, Prince en page 8, un célèbre plombier en page 13, Boule et Bill en page 15,…) tue la surprise A cela, on peut ajouter que les deux scénaristes, venus de la télé et connus pour leur travail sur l’actualité politique, n’ont pas réussi à trouver le ton juste et leur histoire d’élection présidentielle à Bagdad ne parvient pas à convaincre.
À ce jeu de maux, seul le dessin de Nicolas Tabary (qui collaborait depuis plusieurs années aux albums de son père), aidé ici par Alain Sirvent (le dessinateur de la série Les Toubibs chez Bamboo), tire son épingle du jeu en respectant le trait original du créateur de la série.
Malgré tout le potentiel du personnage d’Iznogoud, en dépassant la dose prescrite par ses défunts créateurs, le duo de scénaristes pèche par excès et rend bien triste un album qui arrivait pourtant à point pour fêter le cinquantième anniversaire du plus teigneux des grands vizirs de Bagdad.
 

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