Scénario et dessins d’Hermann
Janvier 2012 – 48 pages
Éditeur : Dupuis - dupuis.com
Lorsque la route de Jeremiah et de son ami
Kurdy croise celle de l’intrigante et manipulatrice Verona, les deux éternels
voyageurs ne savent pas encore dans quel panier de crabes cette accorte jeune femme
va les entraîner. En effet, pour les remercier de l’avoir aidée à remplacer un
pneu à plat, Verona les invite à prendre quelque repos dans la somptueuse villa
de son père, Gerardo de la Vega, richissime antiquaire et galeriste influent.
Jeremiah et Kurdy se laissent rapidement séduire par les charmes vénéneux de
Verona, qui fait d’eux ses Jules et Jim
personnels. Ils s’habituent sans peine au luxe et l’aisance matérielle que leur
propose leur hôtesse lorsque cette dernière est l’innocente victime de la
rivalité sans merci qui oppose son père à un autre marchand d’art, un certain
Roskov. Après avoir vengé la mort de Verona, Jeremiah et Kurdy reprennent la
route.
Décidément, le monde d’après qu’Hermann nous fait visiter
depuis maintenant plus d’une trentaine d’années est bien étrange. Dans cet
univers de western où les motos ont remplacé les chevaux et où la loi du plus
fort s’applique plus que jamais, Jeremiah et Kurdy sont les témoins de la
décadence d’une humanité qui n’a gardé que le pire de la civilisation. En
prenant comme symboles de ce déclin deux riches marchands d’art, Hermann met en
évidence le décalage qui existe entre des êtres nantis superficiels et
hypocrites, et le duo Jeremiah-Kurdy qui, gardant fermement les pieds sur
terre, ne fait que profiter très honnêtement des avantages matériels que leur
offre Verona. Le summum de cette vanité est définitivement atteint avec le
personnage de l’artiste, Stucco, caricatural à l’envi à travers ses œuvres
comme son physique et sa manière d’être.
Au gré des trente-et-un épisodes qui composent désormais
la saga de Jeremiah, il y a
régulièrement eu des hauts et des bas au niveau de l’intensité scénaristique,
mais le dessin et la mise en couleurs maîtrisés d’Hermann viennent
habituellement compenser les quelques déficits de l’histoire. Or, pour ce Panier de crabes, le trait d’Hermann
s’est singulièrement durci, alors que sa colorisation, si soignée à l’habitude,
semble être volontairement simplifiée, ce qui donne d’étranges résultats.
Ainsi, alors que Verona devrait aguicher le lecteur en couverture, l’aspect
figé de son visage donne plutôt envie de fuir. À cela s’ajoute, dès la première
planche, un problème de sens de lecture qui fait tomber à plat l’une des
premières répliques du très antipathique Roskov.
Pourtant, au-delà de ces quelques faiblesses, c’est toujours avec plaisir que l’on retrouve Jeremiah et Kurdy. Et s’il ne fallait retenir qu’une seule case de cet album, ce serait très certainement cette extraordinaire demi-planche de la page 32, superbement mise en couleurs et empreinte d’un grand symbolisme.
Pourtant, au-delà de ces quelques faiblesses, c’est toujours avec plaisir que l’on retrouve Jeremiah et Kurdy. Et s’il ne fallait retenir qu’une seule case de cet album, ce serait très certainement cette extraordinaire demi-planche de la page 32, superbement mise en couleurs et empreinte d’un grand symbolisme.




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