Scénario de Jacques Lob, Benjamin Legrand et Philippe
Druillet – Dessins de Philippe Druillet – Couleurs de Jean-Paul Fernandez –
Préface et trois pages de dessins préparatoires de Philippe Druillet – Postface
de Jean-Pierre Dionnet
Janvier 2012 – 72 pages
Éditeur : Drugstore - glenat.com
Victime
d’une étrange amnésie, Lone Sloane, le rebelle aux yeux rouges, se retrouve
coincé sur Delirius. Avec l’aide de Mali, fille de son fidèle compagnon Yearl, Sloane
contraint à la fuite dans les sous-sols de cette planète dédiée au vice sous
toutes ses formes, poursuivi qu’il est par les séides de Shaan l'Imperator, le
Mal incarné. Cette traque fait de Lone Sloane le héraut du Bien, champion
solitaire qui va réunir sous sa bannière tous les proscrits et les bannis pour
affronter les forces impitoyables et innombrables du tyran.

Il
faut l’avouer tout de go, ce Delirius 2
est très certainement la moins convaincante des aventures de Lone Sloane. On ne
retrouve ni l’originalité du scénario du premier Delirius (concocté par Jacques Lob en 1972), ni la puissance
habituelle du dessin de Philipe Druillet. Dans sa préface, le dessinateur prend
le temps de raconter l’histoire de cet album. Il dit toute son admiration pour
Jacques Lob qui « avait du génie » et avec qui il avait commencé, en
1987, à donner une suite à Delirius.
Mais le décès de Lob, en 1990, met un point d’arrêt à cette aventure. Ce n’est
qu’en 2004 que Druillet envisage de reprendre le chemin de Delirius avec la participation de Benjamin Legrand (qui avait
également repris le scénario du mythique Transperceneige
après la mort de Jacques Lob). Cette reprise n’aboutit pas et ce n’est qu‘en
2010 que le dessinateur parvient à terminer ce sixième chapitre des aventures
de Lone Sloane. Il s’excuse d’ailleurs auprès de Benjamin Legrand
« d’avoir massacré son scénario », mais, aujourd’hui, il ne veut plus
se laisser emmerder par le découpage. C’est dans cet état d’esprit qu’il
envisage son prochain projet, une vision très personnelle de L’Enfer de Dante.
Depuis
la création de son personnage, en 1966, directement dans les pages d’un album
publié par Éric Losfeld (l’éditeur de Barbarella),
Philippe Druillet, dessinateur autodidacte, nous a habitués à un graphisme
gothique, à des doubles pages impressionnantes de minutie et de détails. Ce
n’est pas le cas de cet album dont la genèse chaotique pèse sur le résultat final.
Druillet avoue lui-même que certaines planches sont « faibles » et
cela se voit, se ressent et rend plus criantes encore les lacunes d’un scénario
patchwork.
Il
est dommage que ce soit un Lone Sloane en petite forme qui vienne ainsi
conclure (provisoirement ?) l’une des rares véritables sagas de BDSF
française. Fort heureusement, le lecteur avide de découvrir ou redécouvrir un
Philippe Druillet au sommet de son art pourra sans peine se reporter sur les
autres albums du maestro réédités par Drugstore, à commencer par les cinq
premières aventures de Lone Sloane et sans oublier l’indispensable intégrale de
Salammbô.
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