EVENEMENT : Philippe Druillet à la 10e Escale du Livre


Vendredi 30, samedi 31 mars et dimanche 1er avril 2012, à Bordeaux (33)
escaledulivre.com

Installé à l’ombre de l’église abbatiale Sainte-Croix, le rendez-vous culturel et littéraire de la ville de Bordeaux accueille, comme chaque année depuis une décennie, des auteurs de haute volée comme Daniel Pennac ou Michel Onfray. Mais, à côté de ces écrivains qui ont fait des mots leur terrain de jeu, l’Escale laisse, depuis plusieurs éditions déjà, une place grandissante aux auteurs pour la jeunesse et aux bédéastes. Avec une quarantaine de scénaristes et de dessinateurs présents, l’Escale rivalise ainsi avec la plupart des salons spécialisés (exception faite d’Angoulême).
Parmi ces quelque quarante auteurs de BD, il en est un qui est une véritable légende vivante, il s’agit de Philippe Druillet. Cet enlumineur de génie au dessin inimitable est donc présent à Bordeaux pour une Carte Blanche, le vendredi, avec la projection au Cinéma Utopia du grand classique de la SF qu’est Planète interdite (de Fred McLeod Wilcox, 1956). Avant de rejoindre, le samedi, le dessinateur François Boucq pour une rencontre sur le thème « Regards croisés » qui permet à ces deux grands auteurs de divaguer avec humour autour de leur passion commune, la bande dessinée. Seule l’indispensable évocation de la disparition de son pote Jean Giraud (Moebius) plombe un instant l’atmosphère du débat.
Pour Philippe Druillet, la bande dessinée est définitivement devenue un art majeur que l’on peut désormais retrouver au musée, mais c’est aussi un art vivant et les anciens, tels que lui, ont le respect des jeunes. Il avoue ainsi une réelle admiration pour les Joann Sfar, Christophe Blain, Jean-Yves Ferri, Patrice Killofer, qui, concluait-il avec humour, vouent en retour une sincère vénération aux Anciens.
Échangeant sur les problèmes de couple qui peuvent surgir entre un dessinateur et son scénariste, Philippe Druillet a l’occasion de dire qu’il n’a jamais eu de souci avec Gustave Flaubert, scénariste de sa trilogie Salammbô (Les Humanoïdes associés, 1980), Carthage (Dargaud, 1982) et Matho (Dargaud, 1986).
L’actualité de Druillet, c’est la sortie encore récente de Délirius 2 (Drugstore, 2012), « un manifeste contre la connerie humaine » et la création d’une épée en cristal pour l’entrée de Jean-Jacques Annaud à l’Académie des Beaux Arts. Côté projet, le dessinateur a plus que jamais envie de s’attaquer à L’Enfer de Dante dont il livrera très certainement une version très personnelle lorsqu’il aura terminé d’un projet de film avec des producteurs américains. Et, même si Lone Sloane, son personnage fétiche, sera l’indispensable héros de son Enfer, Philippe Druillet indique pour conclure qu’il a accepté que d’autres auteurs reprennent son héros pour lui faire vivre de nouvelles aventures. Le romancier Serge Lehman sera ainsi aux manettes de cette reprise avec un jeune dessinateur.
Pour les fans hardcore et patients, une séance de dédicaces est bien évidemment au menu au terme de ce savoureux échange.
 

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