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Installé
à l’ombre de l’église abbatiale Sainte-Croix, le rendez-vous culturel et
littéraire de la ville de Bordeaux accueille, comme chaque année depuis une
décennie, des auteurs de haute volée comme Daniel Pennac ou Michel Onfray.
Mais, à côté de ces écrivains qui ont fait des mots leur terrain de jeu,
l’Escale laisse, depuis plusieurs éditions déjà, une place grandissante aux
auteurs pour la jeunesse et aux bédéastes. Avec une quarantaine de scénaristes
et de dessinateurs présents, l’Escale rivalise ainsi avec la plupart des salons
spécialisés (exception faite d’Angoulême).
Parmi
ces quelque quarante auteurs de BD, il en est un qui est une véritable légende
vivante, il s’agit de Philippe Druillet. Cet enlumineur de génie au dessin
inimitable est donc présent à Bordeaux pour une Carte Blanche, le vendredi,
avec la projection au Cinéma Utopia du grand classique de la SF qu’est Planète interdite (de Fred McLeod
Wilcox, 1956). Avant de rejoindre, le samedi, le dessinateur François Boucq
pour une rencontre sur le thème « Regards croisés » qui permet à ces deux
grands auteurs de divaguer avec humour autour de leur passion commune, la bande
dessinée. Seule l’indispensable évocation de la disparition de son pote Jean
Giraud (Moebius) plombe un instant l’atmosphère du débat.
Pour
Philippe Druillet, la bande dessinée est définitivement devenue un art majeur
que l’on peut désormais retrouver au musée, mais c’est aussi un art vivant et
les anciens, tels que lui, ont le respect des jeunes. Il avoue ainsi une réelle
admiration pour les Joann Sfar, Christophe Blain, Jean-Yves Ferri, Patrice
Killofer, qui, concluait-il avec humour, vouent en retour une sincère
vénération aux Anciens.
Échangeant
sur les problèmes de couple qui peuvent surgir entre un dessinateur et son
scénariste, Philippe Druillet a l’occasion de dire qu’il n’a jamais eu de souci
avec Gustave Flaubert, scénariste de sa trilogie Salammbô (Les Humanoïdes associés, 1980), Carthage (Dargaud, 1982) et Matho
(Dargaud, 1986).
L’actualité
de Druillet, c’est la sortie encore récente de Délirius 2 (Drugstore, 2012), « un manifeste contre la
connerie humaine » et la création d’une épée en cristal pour l’entrée de
Jean-Jacques Annaud à l’Académie des Beaux Arts. Côté projet, le dessinateur a plus
que jamais envie de s’attaquer à L’Enfer
de Dante dont il livrera très certainement une version très personnelle
lorsqu’il aura terminé d’un projet de film avec des producteurs américains. Et,
même si Lone Sloane, son personnage fétiche, sera l’indispensable héros de son Enfer, Philippe Druillet indique pour
conclure qu’il a accepté que d’autres auteurs reprennent son héros pour lui
faire vivre de nouvelles aventures. Le romancier Serge Lehman sera ainsi aux
manettes de cette reprise avec un jeune dessinateur.
Pour
les fans hardcore et patients, une séance de dédicaces est bien évidemment au
menu au terme de ce savoureux échange.


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