MANGA : Billy Bat Volume 1


Scénario et dessins de Naoki Urasawa – Co-scénario de Takashi Nagasaki – Traduction de Sylvain Chollet
Mars 2012 – 200 pages
Éditeur : Pika, collection Seinen – pika.fr/PikaSeinen

États-Unis, 1949 – malgré une guerre qui a laissé d’inévitables cicatrices et des origines japonaises, le dessinateur Kevin Yamagata connaît un incontestable succès avec sa bande dessinée « Billy Bat ». Le héros de son comic book est une chauve-souris détective privé qui vit des aventures dans cette Amérique où se développe une vague d’anti-communisme. Tout va donc pour le mieux pour Kevin qui n’a pas une seconde à lui s’il veut répondre aux attentes de son éditeur et de ses fans. Ou plutôt, tout allait pour le mieux, car le doute l’étreint depuis qu’il a fortuitement découvert qu’un personnage identique au sien existait au Japon. Kevin décide alors de se rendre au pays de ses origines pour rencontrer le créateur de cette chauve-souris pour lui demander l’autorisation d’utiliser ce personnage.


Après
20th Century Boys et Pluto, les fans de Naoki Urasawa (Yawara !, Master Keaton, Monster) ne seront nullement déçus par la nouvelle création du mangaka. Publiées dans les pages de l’hebdomadaire nippon Weekly Morning depuis 2008, les aventures de Billy Bat comptent à ce jour pas moins de neuf volumes reliés parus chez Kôdansha. La version française proposée par Pika débute donc avec un certain décalage sur l’édition originale, mais le fait avec un rythme accéléré puisque ce sont pas moins de deux volumes qui ont été publiés en ce mois de mars et un troisième arrive en juin. La traduction de cette série a été confiée à Sylvain Chollet déjà bien connu pour son travail sur la version française du Sommet des dieux de Jirô Taniguchi chez Kana.


Passé les premières planches au goût rétro d’un comics des années 40-50, avec ses pages jaunies à souhait, on retrouve le dessin caractéristique de Naoki Urasawa qui se situe à la frontière entre le manga classique et la ligne claire européenne, au croisement de ses deux influences avouées que sont Osamu Tezuka et Moebius. Abandonnant les décors futuristes de
Pluto, il nous offre, dans ce premier volume de Billy Bat, une reconstitution fidèle du Japon de l’après-guerre, encore occupé par les troupes américaines. Comme à l’habitude, le scénario concocté par Urasawa et son complice Nagasaki se complexifie au fil des pages. Parti au Japon pour retrouver le créateur du personnage qu’il pense avoir inconsciemment emprunté, Kevin Yamagata va se retrouver plongé dans un complot qui dépasse le cadre étriqué du moment présent comme le laisse supposer l’ultime planche de ce premier volume.


Au vu de ce premier tome des aventures de
Billy Bat, il semble évident qu’Urasawa et Nagasaki veulent à nouveau entraîner leurs lecteurs dans une grande saga alambiquée à souhait dans la veine de leur uchronie millénariste 20th Century Boys. Pour y parvenir, il va falloir qu’il dope la personnalité encore un peu pâlotte de Kevin Yamagata pour en faire l’indispensable guide au cœur de cette intrigante aventure de chauve-souris.
 

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