BD : L’Echo des Savanes n°310


Rédacteur en chef : Claude Maggiori
Avril-Mai 2012 – 148 pages
Éditeur : Glénat Presse - glenat.com

Depuis sa naissance, en mai 1972, sous l’impulsion de Claire Bretécher, Marcel Gotlib et Nikita Mandryka, alors transfuges de Pilote, L’Écho des Savanes a connu de multiples incarnations avec une succession d’éditeurs aussi différents que les très artisanales Éditions du Fromage jusqu’au très industriel groupe Filipacchi. Repris, depuis 2008, par les Éditions Glénat (Circus, Gomme, Vécu, Tchô), L’Écho des Savanes  abandonne une bonne partie du rédactionnel sexy de la version Filipacchi et renoue avec un contenu plus proche du 9ème art.


Publié avant les élections présidentielles, ce 310ème numéro de L’Écho des Savanes est fortement marqué par cet événement de la vie politique française puisqu’il présente deux nouveaux chapitres de « La vie secrète de Marine Le Pen » en bandes dessinées, illustrés par Chauzy, sur un scénario de la journaliste Caroline Fourest. On retrouve également « Les Chroniques du règne de Nicolas 1er » de l’écrivain Patrick Rambaud, adaptées en BD par O’Groj.



Côté classiques, Vuillemin nous livre deux « Sales blagues » dont il a le secret avec son dessin ligne crade inimitable. Avec un humour un peu noir, Hubert et Zanzim nous font découvrir la « Vie posthume » d’Emma Doucet, une vieille dame charmante et un peu morte. L’Espagnol Enrique Fernandez nous invite pour sa part dans l’univers coloré et chatoyant de ses « Contes de l’ère du Cobra ». Bien connus des anciens lecteurs de Métal Hurlant (au siècle dernier), Dodo et Ben Radis continuent leur chronique du quotidien dans leur très classique style animalier. Le noir et blanc convient fort bien à la vie sans espoir de « Minus » le branleur dont Rica a fait son pathétique héros. Enfin, Pothier et Chauzy permettent à « Revanche » de prendre sa revanche contre un marchand de sommeil.


Ce numéro de L’Écho des Savanes se termine avec une bande-annonce des albums politiques parus ou à paraître aux Éditions Drugstore, Vents d’Ouest et Vent des Savanes. Un bon nombre de ces bandes dessinées donne la vedette à un hyperprésident contraint à des vacances anticipées à l’issue du second tour. Son absence du paysage politique, si elle s’avère définitive, risque donc de créer un véritable vide. Autant que la disparition du Strip-tease des copines...

Il est à noter et c’est aussi à regretter que la plupart des bandes dessinées proposées le soient en post-publication puisque les albums correspondants ont paru, pour la plupart, en février, mars ou avril 2012 sous les divers labels du Groupe Glénat.
Si l’on met à part cette étrange politique de post-publication, L’Écho des Savanes avec ses 50 % BD et 50 % rédactionnel, reste une lecture distrayante et la couverture de ce numéro donne tout particulièrement envie de découvrir le n°311 !

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