COMIC BOOK : Dial H n°1


Scénario de China Mieville – Dessins de Mateus Santolouco – Couleurs de Tanya & Richard Horie – Couvertures de Brian Bolland (A) et David Finch & Richard Friend (B)
July 2012 – 32 pages
Éditeur : DC Comics - dccomics.com

Nelson Jent n’a rien d’un héros. Il fume, il est en surpoids et il a un sale caractère. Pourtant, lorsque Darren, son meilleur ami, est littéralement passé à tabac par une bande de loubards, il vole à son secours sans penser aux conséquences. Un méchant coup de poing l’ayant transformé à son tour en victime de cette ignoble agression, Nelson se replie vers une antique cabine téléphonique pour appeler la police. À peine a-t-il composé les premiers numéros sur le cadran qu’il se métamorphose en Boy Chimney, un super-héros qui manipule la fumée !


Comic book américain,
Dial H fait partie de la seconde vague de titres lancés par l’éditeur new-yorkais DC Comics qui a renouvelé et relancé la quasi-totalité de ses publications, y compris les vénérables Superman et Batman, dans le cadre de son nouveau label baptise The New 52. Comme la plupart de ces comic books, Dial H est la reprise d’un concept ou de personnages préexistants.
Pour être plus précis, il s’agit ici de la série « Dial H for Hero », qui fit sa toute première apparition dans les pages de House of Mystery, en 1966. Elle était alors mise en images par Jim Mooney, qui dessinera ensuite The Amazing Spider-Man pour Marvel. L’idée de base de « Dial H… » était simple et un brin répétitive puisque le jeune héros de cette série, heureux possesseur d’un fort mystérieux cadran marqué de quatre lettres : H, E, R et O, pouvait se transformer en super-héros lorsqu’il se retrouvait face à une situation délicate. Chaque aventure lui permettait alors d’incarner un super-héros différent, la plupart du temps complètement inédit. Après cette première version d’origine, « Dial H for Hero » connut de multiples incarnations, plus ou moins éphémères, dans les années 80, avec des dessins de Carmine Infantino, créateur graphique de The Flash du Silver Age, et en 2003 sous la férule du scénariste Will Pfeifer (Blood of the Demon, Amazons Attack!).


Confiée au romancier britannique China Mieville et au dessinateur brésilien Mateus Santolouco, cette nouvelle mouture de
Dial H s’avère, dès ses premières pages, beaucoup plus sombre que les précédentes. Habitué au mélange des genres dans ses livres qu’il qualifie de Weird Fiction, Mieville mêle la noirceur du quotidien de Nelson Jent à des super-héros vraiment étranges, beaucoup plus proches des super-vilains qui occupent les cellules de l’Arkham Asylum que des membres de la colorée Justice League. Le Boy Chimney de ce premier épisode a ainsi quelques faux airs du Scarecrow ou du Mask, tout en gardant une bonne dose d’originalité. Participant totalement à l’ambiance glauque du récit de China Mieville, le dessin de Mateus Santolouco, remarqué pour son travail sur Cover Girl et quelques Cthulhu Tales pour Boom! Studios, est redoutablement détaillé et efficace. Au surplus, il est dans la continuité de la couverture composée par le toujours excellent Brian Bolland (Judge Dredd).
Même s’il ne reste pas grand-chose de la série des années 60, cette renaissance de Dial H est bigrement intéressante. L’énergie qui caractérise le trait de Santolouco parvient à rendre le massif Nelson Jent crédible en personnage principal au cœur du scénario sombre et torturé concocté par China Mieville qui, à l’évidence, prépare de multiples rebondissements pour les épisodes à suivre.

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