Scénario,
dessins et couleurs de Mathieu Bablet
Mai
2011 – 162 pages
Ankama
Éditions, Label 619 - label619.com/fr/accueil
Venue
du fin fond de l’espace, une race d’insectes a envahi la Terre, exterminant une
humanité qui n’était pas prête à affronter une telle invasion. Au milieu d’une
ville dévastée, Wayne, Jeremiah et Scham pensent être les derniers survivants
de la cité, du pays, voire du monde entier. Leur but premier est d’éviter les
insectes omniprésents et il leur faut aussi trouver de la nourriture
consommable, mais ils ne désespèrent pas encore de découvrir d’autres rescapés.
Mais une question se pose, est-ce la chance qui leur a permis d’échapper à la
mort ou bien ne sont-ils que les pions d’un scénario qui les dépasse ?
Des insectes qui envahissent et détruisent toute civilisation humaine, voici une thématique bien connue que l’on retrouve dans bon nombre d’œuvres de science-fiction. Il y a notamment cette excellente série d’animation japonaise Blue Gender de Ryōsuke Takahashi (1999-2000), où les insectes sont une vivante métaphore de la planète bleue infectée par la race humaine. Il y a aussi quelques splendides séries B américaines avec les fourmis géantes de Des Monstres attaquent la ville de Gordon Douglas (1954) jusqu’aux brûlants Insectes de feu de Jeannot Szwarc (1975), en passant par les formicidés colonisateurs du Phase IV de Saul Bass (1974) et sans oublier les véritables machines de guerre chitineuses de Starship Troopers de Paul Verhoeven (1997). Ces différentes incarnations d’insectes conquérants ont très certainement influencé, surtout dans la conception de son panthéon insectoïde, Mathieu Bablet qui parvient pourtant à créer une œuvre originale et très personnelle, tant au niveau graphique qu’au plan narratif.
À
noter enfin qu’en complément des quelque cent vingt-huit planches de La Belle mort, on peut apprécier cinq
pin-up pages, rebaptisées Parasitages, réalisées par des graphistes et des
dessinateurs de la nouvelle génération : Tibo, Kieran (We are the Night chez Ankama), Adé, Renart
(Rocher rouge chez KSTR) et Bof.
Avec
cette histoire de fin du monde et de revanche d’une nature malmenée, Mathieu
Bablet, visiblement influencé par les mangas, mais aussi par les séries B
américaines, évite avec brio l’écueil du plagiat ou de la copie du style
graphique nippon. Il parvient ainsi à imposer un trait moins typé et beaucoup plus
personnel. Bablet livre un véritable roman en bandes dessinées d’une grande
cohérence où il démontre également une réelle maîtrise de la couleur qui
participe totalement à l’intensité dramatique du récit et à sa conclusion douce
amère.




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