BD : Alix Senator 1 : Les Aigles de sang


Scénario de Valérie Mangin – D’après l’œuvre de Jacques Martin — Dessins et couleurs de Thierry Démarez
Septembre 2012 – 46 pages
Éditions Casterman - casterman.com

An 12 avant Jésus-Christ, d’étranges décès frappent les élites de la cité romaine. Ainsi, ce sont Lépide, le Grand pontife de Rome, et Agrippa, fidèle compagnon d’Auguste et son héritier putatif, qui viennent de mourir. Inquiet de ces décès rapprochés et des rumeurs qui circulent autour de ces morts, Auguste demande à son ami le Sénateur Alix Graccus de mener une enquête aussi discrète qu’efficace.


Apparu en 1948 dans les pages de l’hebdomadaire
Tintin, Alix a longtemps été ce jeune gallo-romain qui, par la grâce de son créateur Jacques Martin (1921-2010), parcourt tous les lieux mythiques de la Rome antique, rencontre tous ses héros, heureux ou malheureux, de Jules César jusqu’à Vercingétorix, en passant par la plus belle reine d’Égypte, Cléopatre. Alors que la saga classique d’Alix et de son fidèle compagnon Enak continue orchestrée par de nouvelles équipes de scénaristes et de dessinateurs (Michel Lafon et Christophe Simon, actuellement), voici qu’apparaît une version plus âgée du personnage et définitivement différente.


Connue pour ses séries mêlant mythologie et science-fiction, à l’image du
Fléau des dieux chez Soleil Productions, Valérie Mangin revisite désormais l’antiquité romaine à travers les aventures du Sénateur Alix Graccus. Si le poids des ans a fait de lui un homme sage et réfléchi, la fougue de sa folle jeunesse n’a pas totalement disparue grâce à la présence à ses côtés de son fils Titus et de Khephren, l’enfant d’Enak qu’Alix a adopté à la mort de son ami.


Côté graphique, c’est Thierry Démarez, dessinateur des six tomes du
Dernier Troyen chez Soleil Productions/Quadrants et déjà sur un scénario de Valérie Mangin, qui s’est chargé de transformer l’adolescent blond et aventureux de Jacques Martin en un Sénateur toujours fougueux malgré ses cheveux blancs. Son dessin presque photoréaliste et sa mise en couleurs s’éloignent totalement de la ligne claire et la quadrichromie héritées de Martin et qui reste de règle dans la série principale.


Visiblement destinée à un public plus adulte que la bande dessinée initiée par Jacques Martin, la série réalisée par Valérie Mangin et Thierry Démarez invite à visiter une Rome plus réaliste où complots, mystères et superstitions participent à la vie politique de la cité. La fin ouverte de ce premier épisode conduit à une suite annoncée « Le Dernier Pharaon » et la visible douleur qui transparait sur le visage d’Alix chaque fois qu’est évoquée la mort d’Enak laisse entrevoir d’autres révélations à venir.
Prenant un risque réel en s’éloignant des codes de la création originale de Jacques Martin, Valérie Mangin et Thierry Démarez parviennent cependant à rester fidèle à l’œuvre du maître, tout en créant un nouvel Alix bigrement intéressant.

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