FILM : Dredd 3D


Scénario d’Alex Garland – d’après le personnage créé par John Wagner et Carlos Ezquerra (2000AD) – réalisation de Pete Travis
Sortie en salles : 7 septembre 2012 (GB) et 21 septembre 2012 (USA)
DNA Films, IM Global et Reliance Entertainment

Un triple homicide signalé dans le Bloc de Peach Trees permet au Juge Dredd d’évaluer sur le terrain une nouvelle recrue, Cassandra Anderson, recommandée par le Juge en chef pour ses capacités psi. En arrêtant l’un des responsables de ces meurtres, les Juges vont se retrouver piégés au cœur de cette immense tour de deux cents étages qui abrite plus de 75 000 habitants dont un bon nombre ne sont que des tueurs et des trafiquants de SLO-MO aux ordres de la terrifiante Ma-Ma.


Après la très décevante adaptation des années 90, avec Sylvester Stallone dans le rôle-titre, les amateurs des aventures du célèbre Judge Dredd attendaient avec impatience une version moins hollywoodienne et plus proche de l’esprit de la bande dessinée créée, en 1977, dans les pages de l’hebdomadaire anglais
2000AD.
Première certitude, le comédien Karl Urban (interprète d’Eomer dans la trilogie du Seigneur des anneaux) est beaucoup plus convaincant dans le rôle du Judge Joseph Dredd que son musculeux prédécesseur. Il est d’ailleurs d’autant plus impressionnant en policier-juré-bourreau de Mega City One qu’il a accepté de conserver son casque de Judge tout au long du film à l’image de son alter ego de BD qui n’a jamais dévoilé son visage en trente-six ans de carrière.


Le choix du scénariste et producteur Alex Garland (
La Plage, 28 jours plus tard) de présenter le Judge Dredd dans son quotidien, sans faire appel aux grands méchants de la série que sont le Judge Death ou Rico, le frère/clone de Dredd, permet de faire découvrir les arcanes de cette ville tentaculaire. La présence à son côté du futur Psi Judge Anderson, interprétée par Olivia Thirlby (Juno), ajoute un certain piment à l’aventure. Tandis que Lena Headey (300) fait le boulot en incarnant Madeline Madrigal, véritable reine du clan criminel Ma-Ma qui règne par la violence et la drogue sur le Bloc de Peach Trees. Par ailleurs, Garland, en multipliant les clins d’œil et les références à la bande dessinée (les Fatties, les tags et inscriptions à la gloire de Chopper et de Kenny Who), démontre la totale maîtrise qu’il a de son sujet, aidé en cela par John Wagner qui est intervenu en tant que producteur conseil sur le film.


S’éloignant radicalement du clinquant de la version 1995,
Dredd 3D fait le choix d’un certain réalisme avec des accessoires fonctionnels, à commencer par les célèbres Lawgiver et Lawmaster des Judges, ainsi qu’un choix de décors claustrophobiques et crasseux à souhait. Aussi, dès que l’on aperçoit le Judge Dredd sur l’écran, on sait que ce justicier hante les rues de cette mégapole de 800 millions d’âmes depuis de nombreuses années. Son uniforme en cuir et kevlar est usé par ses combats contre le crime et la plaque dorée qui porte son nom a perdu de son lustre, pourtant, chevauchant sa lourde moto et armé de son pistolet à munitions multiples, il dispense la justice dans les rues de cette ville faite de béton et de violence.
On peut noter au passage que Jock, le dessinateur des Losers (DC Comics Vertigo, 2003-2006), mais aussi et surtout de plusieurs histoires du Judge Dredd pour 2000AD (entre 2000 et 2007), a participé à la production de ce long-métrage en tant qu’artiste conceptuel, recréant sur papier les ambiances, les costumes et les décors de l’immense cité qui ont servi aux nombreux créatifs de ce film au budget estimé à cinquante millions de dollars.
Privé d’une sortie en salles en France, Dredd 3D n’a pas pleinement convaincu les spectateurs anglo-saxons malgré de bonnes critiques. Le film s’est fort heureusement rattrapé grâce aux ventes des DVD, Blu-ray, Blu-ray 3D et téléchargements légaux (disponibles en France depuis le 11 février 2013). Ce sursaut laisse donc subsister le frêle espoir d’une suite qu’Alex Garland a déjà en tête et dans laquelle il verrait bien le Judge Dredd affronter des adversaires aussi iconiques que le Gang Angel, Satanus, le Judge Cal ou encore les Dark Judges.

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