Vendredi
1er février 2013, à Angoulême (16)
bdangouleme.com
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Le
Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, qui fête son 40e
anniversaire cette année, a depuis longtemps cessé d’être une gentille réunion
d’amateurs farfelus de petits Mickeys pour devenir la grand-messe de la
communication et du commerce autour du 9e Art. Il reste malgré tout
quelques passionnés qui portent la bonne parole d’une bande dessinée différente
sur les stands de la bulle Nouveau monde par exemple, ou encore lors de captivantes
conférences autour de la BD. Scénariste de bandes dessinées, critique et
co-créateur de mythique Métal Hurlant,
Jean-Pierre Dionnet est l’un de ces conférenciers animés par la passion. Il
vient ainsi régulièrement à Angoulême présenter des maîtres oubliés de la bande
dessinée internationale.
Il
faut avoir lu les petits formats Lug à la fin des années 50 et au début des
années 60 pour espérer se souvenir de la signature de Devi et de son dessin si
particulier. Né en 1923, en Calabre, Antonio De Vita alias Devi est un
parfait autodidacte lorsqu’il tente sa chance comme dessinateur de bandes
dessinées au milieu des années 40. Publié par divers éditeurs italiens, dont la
maison Alpe, il livre des récits allant du western aux contes de fées qui se
fondent dans la masse des productions de l’époque. Au début des années 50,
Marcel Navarro, patron des Éditions Lug (qui seront plus connues lorsqu’elles
lanceront les magazines Fantask, Strange et les super-héros Marvel en
France), est à la recherche d’un dessinateur pour illustrer diverses séries d'aventure
inspirées des œuvres d’Alexandre Dumas. Grâce à son partenaire italien Alpe, il
entre en contact avec Antonio De Vita qui, de 1954 à 1961, livre ainsi
plusieurs dizaines de planches par mois à l’éditeur lyonnais.
C’est
en seconde partie du petit format bimensuel Pipo
que sont publiées les premières planches du « Chevalier d’Harmental »
où apparaissent déjà les thèmes et obsessions graphiques du dessinateur avec de
sombres ouvertures, des murs aux pierres cyclopéennes et des personnages en
ombres chinoises. Une fois les aventures du « Chevalier d’Harmental »
terminées, Devi poursuit, dans la même veine, avec « L’Aigle de Clermont »,
toujours dans les pages de Pipo.
Jean-Pierre
Dionnet a cependant rassuré son auditoire, car Antonio De Vita,
aujourd’hui âgé de 90 ans, va bien. Après avoir été dessinateur, puis
ouvrier en usine, il profite pleinement de sa retraite et peint pour le
plaisir.
Mise à jour : Antonio De Vita s'est éteint le 2 février 2023
Source : bdzoom.com/103459/patrimoine/disparition-de-devi-le-dessinateur-mystere/




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