BD : Jeremiah 32 : Le Caïd


Scénario, dessins et couleurs d’Hermann
Février 2013 – 48 pages
Éditeur : Dupuis – dupuis.com


Poursuivant leur errance sans but à travers ce territoire qui, jadis, s’appelait les États-Unis d’Amérique, Jeremiah et Kurdy font une halte forcée devant ce qui ressemble à un parc d’attractions. Tandis que l’ami Kurdy profite de cette pause pour prendre un peu de bon temps avec la dive bouteille comme compagne, Jeremiah part en quête de quelqu’un capable de réparer sa moto. Comme de bien entendu, nos deux routards vont se retrouver, bien malgré eux, mêlés à la guerre de clans qui déchire le Fun Park désaffecté.


Si l’on ne peut être que séduit par le dessin et la mise en couleurs parfaits des quarante-quatre planches qui composent cet album, le scénario de cette nouvelle histoire n’est pas des plus convaincant. Les divers personnages que croisent Jeremiah et Kurdy ne sont ni sympathiques, ni antipathiques, tant ils manquent de profondeur et ne sont que des silhouettes, parfois fort joliment esquissées à l’image de la demoiselle dont Jeremiah fait la connaissance, au sens biblique du terme, dans les pages 23-24-25 de cette aventure. Et si Kurdy retrouve ici son rôle de faire-valoir comique, il le fait de manière un peu trop répétitive pour être réellement efficace.



Heureusement, le trait toujours magique d’Hermann est là pour compenser une narration lacunaire, même si, une fois encore, la couverture choisie pour cet album n’est pas au même niveau de qualité de certaines planches intérieures telle cette superbe case en page 6 qui marque la première apparition de Jeremiah et Kurdy dans cette histoire, simples formes lointaines sous les arches d’autoroutes aériennes vaincues par ces âges post-apocalyptiques.

C’est donc un sentiment mitigé qui prévaut à la lecture de ce "Caïd" dont le scénario souffreteux fait regretter les belles années de la série (au temps d’"Afromerica", "Delta",…), mais qui, graphiquement, frôle cette fascinante perfection hermannienne.

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