EVENEMENT : Hermann à la 11e Escale du Livre


Vendredi 5, samedi 6 et dimanche 7 avril 2013, à Bordeaux (33)
escaledulivre.com

Avec une soixantaine d’auteurs de bandes dessinées invités, l’Escale du Livre prend de plus en plus des airs d’Angoulême bis, avec ses bons côtés (expositions et animations) et ses mauvais (queues sans fin et tickets obligatoires pour les dédicaces). Cette année, l’Escale partage également une autre ressemblance avec l’hivernal salon international, une température glaciale pour une manifestation qui se déroule habituellement sous des auspices beaucoup plus printaniers.
Dixième anniversaire des Éditions de la Cerise, exposition et rencontre avec Bast autour d’En chienneté sont quelques-uns des rendez-vous BD de cette 11ème Escale. Mais le plus marquant des évènements de cette année 2013 reste sans doute la présence d’un des maîtres de la bande dessinée franco-belge : Hermann.
Au cours de sa déjà longue carrière, le dessinateur belge et septuagénaire Hermann Huppen a eu l’occasion de travailler avec les plus grands scénaristes, de ceux qui firent le succès des hebdomadaires Tintin et Spirou à la belle époque. Il a ainsi illustré les aventures de Bernard Prince et de Comanche sur des textes de Greg (1931-1999), ainsi que les premiers exploits de Jugurtha pour Jean-Luc Vernal. Yves Duval, Yann et Jean Van Hamme ont également signé plusieurs one-shots mis en images par Hermann.
Comme il l’explique durant de cet entretien, c’est un peu par défi qu’Hermann s’est lancé dans l’écriture, après que Greg lui a dit qu’il n’avait pas l’étoffe d’un scénariste. La création de Jeremiah, en 1979, et des Tours de Bois-Maury, en 1984, sont les conséquences de cette rébellion constructrice. Hermann compare la conception d’une histoire à la conchyliculture. Il lui vient une première idée, un bouchot qu’il plante dans le sable de son imagination, sur lequel viennent s’accrocher, tels des coquillages, de nouvelles idées. Et, lorsque le scénario est là, il travaille, à partir de 9h10 très précises, pas moins d’onze heures par jour, dans son petit atelier de 3,5 mètres sur 4, jusqu’à ce que son nouvel album soit terminé. Ce fut le cas récemment de la trente-deuxième aventure de Jeremiah, « Le Caïd » par en janvier 2013 aux Éditions Dupuis. Jeremiah qui reste et restera l’œuvre la plus personnelle d’Hermann même s’il avoue sans peine adorer collaborer avec cet excellent scénariste qu’est Yves H., son fils. Ce dernier lui a d’ailleurs donné quelques-uns des meilleurs one-shots de sa bibliographie, ainsi qu’une reprise inattendue (et, pour l’instant, éphémère) de Bernard Prince. Les one-shots qu’il signe régulièrement sont des bouffées d’air entre deux albums de Jeremiah et c’est aussi, selon les termes mêmes d’Hermann, une manière pour lui de pisser sur la jambe de certains pour leur demander si c’est chaud à l’image de Sarajevo-Tango (Dupuis, 1995).
Munis du ticket adéquat, quelques amateurs d’Hermann ont ensuite pu profiter des deux heures de dédicaces offertes par ce maître de la BD, entre 17 et 19 heures très exactement.

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