BD : Le Chant des Stryges tome 15 : Hybrides


Scénario d’Éric Corbeyran – Dessins de Richard Guérineau – Couleurs de Dimitri Fogolin
Avril 2013 – 48 pages
Éditions Delcourt, collection Machination – stryges.com/accueil.php

Ayant hérité de la fortune et des folles recherches de Sandor G. Weltman, Debrah semble être sur le point d’atteindre son but après avoir capturé un couple de Stryges. Mais, alors que ses expérimentations sont en bonne voie pour vaincre la stérilité de cette race encore mystérieuse, elle commence à se poser des questions sur la justesse de sa démarche. Il lui apparaît désormais comme évident que toute la communauté hybride doit être concernée par la survie ou la disparition des Stryges. Aussi, avant qu’il ne soit trop tard, elle décide donc poursuivre sa quête de tous les Hybrides disséminés à travers le globe.


Pour ce troisième épisode de la troisième saison du
Chant des Stryges, Corbeyran offre un scénario toujours aussi finement ciselé et distille suffisamment d’informations pour rendre ce nouvel album incontournable. Il conserve cependant une part de mystère suffisante pour que la lecture des chapitres suivants tout aussi indispensable jusqu’à la conclusion ô combien attendue de cette saga fantastique. Un peu à la manière d’un Joss Whedon dans ses séries télévisées Buffy contre les vampires et Angel, Corbeyran prend plaisir à réunir ses personnages, rouvrant certaines blessures et obligeant certains d’entre eux à d’inévitables concessions. À ce jeu-là, le face-à-face Debrah-Nivek est d’ailleurs particulièrement intéressant. Quant au rôle du grand méchant, depuis la disparition de Weltman, il est endossé avec brio par le personnage d’Austin « Sinner » Carson.


On retrouve le même souci de perfection et le soin du détail dans le dessin de Richard Guérineau qui, entre deux albums du
Chant des Stryges, a cependant le temps de jouer avec les personnages des autres, à l’image du Steve Rowland, créé par Van Hamme et Vance, dans un XIII Mystery scénarisé par Fabien Nury (Éditions Dargaud en 2012). À noter qu’une planche de cet album, qui raconte une légende africaine, est cosignée par Richard Guérineau et Régis Jonc (auteur de Kid Korrigan sur un scénario de Corbeyran pour Delcourt, en 2001).
Succédant à Luca Malisan qui réalisa la mise en couleurs des tomes 13 et 14 de la série, Dimitri Fogolin, connu pour son travail sur Château Bordeaux (Éditions Glénat), conserve les mêmes tonalités que son prédécesseur.
En professionnels confirmés, Corbeyran et Guérineau livrent une œuvre parfaitement maîtrisée, un peu trop peut-être, qui, par ses qualités narratives et graphiques ne peuvent nullement décevoir les fans de la série, même si on peut lui reprocher son aspect de mécanique trop bien huilée.

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