Scénario
d’Éric Corbeyran – Dessins de Espé – Couleurs de Dimitri Fogolin/Gotem Studio
Mars
2013 – 56 pages
Éditeur : Éditions
Glénat, collection Grafica – glenatbd.com
Les
ennuis pleuvent sur le Chêne courbe. La dernière récolte a été sabotée. La
société, qui avait acquis aux enchères toute la cave, a payé avec un chèque sans
provision. La trésorerie du domaine est proche du zéro absolu. Face à cette
situation désespérée, les employés démissionnent les uns après les autres.
Depuis qu’elle a décidé de reprendre, contre l’avis de ses deux frères, l’exploitation
du vignoble familial, Alexandra Baudricourt ne peut plus compter que sur
elle-même. Sa rencontre fortuite avec photographe américain amateur de grands
crus va lui remettre du baume au cœur.
Après
un premier tome qui présentait les différents protagonistes et lieux de cette
saga viticole, puis un deuxième opus qui se concentrait sur le personnage
d’Alexandra, ce troisième volet aurait très certainement pu faire grandement progresser
l’intrigue. Cependant, en habile feuilletoniste, Corbeyran, après avoir
pratiquement réduit à néant les espoirs d’Alexandra, remet les compteurs à zéro
et lui offre, au final, une nouvelle chance de donner un avenir radieux au
Chêne courbe. Pour en savoir plus, il faudra bien évidemment attendre un
quatrième volume de cette épopée vinicole.
Pour
sa part, Espé réussit un véritable sans-faute avec des personnages aussi
attachants qu’Alexandra et la fidèle Jeanne, aussi mystérieux que Logan Norton
ou aussi vénéneux que Claire, la belle-sœur d’Alexandra. Le lecteur bordelais
sera forcément séduit par la transcription graphique d’une extrême fidélité que
le dessinateur fait de la capitale girondine. On peut également remarquer qu’à
l’inverse de plusieurs productions récentes où les couvertures sont confiées à
un artiste différent de l’illustrateur des pages intérieures (cf. Les Chroniques de la Lune noire (1) chez Dargaud, Uchronie(s) (2) chez Glénat ou Zodiaque (3) chez Delcourt), c’est Espé lui-même qui signe celle de ce troisième tome de Châteaux Bordeaux. Et, en plus, elle ne
ment pas puisqu’elle met en avant la belle Alexandra et le vin, les deux véritables
héros de cette saga.Hyperdocumenté,
le récit du duo Corbeyran et Espé ne sombre pas pour autant dans le documentaire
dessiné, mais c’est une histoire passionnante et passionnée que livrent les
deux complices, dont on attend, avec impatience, le prochain épisode.
Notes :
1 – Olivier
Ledroit signe ainsi l’intégralité des couvertures des Chroniques de la Lune noire mises en images par lui-même (tomes 1 à
5), puis par Cyril Pontet (tomes 6 à 14) et par Fabrice Angleraud (tomes 0 et
15).
2 – Richard
Guérineau réalise l’ensemble des couvertures des Uchronie(s) scénarisées par Corbeyran et dessinées par Éric
Chabbert, Djillali Defali et Tibery.
3 – Thomas
Ehretsmann réinterprète les douze signes d’un Zodiaque écrit par Guy Delcourt et Corbeyran, illustré par une
douzaine de dessinateurs.
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