FILM : Les Schtroumpfs


Scénario de J. David Stem & David N. Weiss et Jay Scherick & David Ronn – d’après la bande dessinée de Peyo (Éditions Dupuis) – réalisation de Raja Gosnell
Sortie en salles : 29 juillet 2011 (USA) et 3 août 2011 (France)
Kerner Entertainment Company, Columbia Pictures et Sony Pictures Animation

À la veille du festival de la Lune bleue, le Schtroumpf maladroit, que sa maladresse permanente condamne à ne pas participer aux répétitions du spectacle qui se prépare, quitte le village pour cueillir des racines de topinamschtroumpfs. Sa quête le conduit bien trop près du repaire de l’infâme Gargamel, grand chasseur de Schtroumpfs devant l’Éternel, qui le repère et le traque jusqu’au village.

 
Animer les petites créatures bleues créées par Pierre Culliford alias Peyo, en 1958, dans les pages de l’hebdomadaire Spirou n’a rien de nouveau. Les studios américains Hanna-Barbera ont ainsi réalisé plus de 420 épisodes d’une série d’animation classique relativement proche du graphisme et de l’esprit de la bande dessinée d’origine. Mais, ce long-métrage est le premier à envoyer les Schtroumpfs dans le monde réel et contemporain en utilisant infographie et 3D pour donner corps aux petits êtres bleus face à des acteurs de chair et d’os. Le résultat est techniquement convaincant et, même si l’histoire qui s’éloigne définitivement du canon de la BD, cette production hollywoodienne mise en scène par le réalisateur des deux films live de Scoubidou réussit à rendre attachant le petit peuple bleu. Cerise sur le gâteau, on retrouve l’inimitable Gérard Hernandez (aujourd’hui plus connu pour son rôle de Raymond dans les Scènes de ménage de M6) qui reprend, avec le même allant et quasiment trente ans après la version Hanna-Barbera où il officiait, la voix française du Grand Schtroumpf.

 
Ce ne sont pas les quelque cent petits habitants du village des Schtroumpfs qui sont perdus à New York. En effet, le film de Raja Gosnell se concentre sur une demi-douzaine de minuscules héros bleus. On suit ainsi le Grand Schtroumpf, la Schtroumpfette, le Schtroumpf maladroit, le Schtroumpf à lunettes, le Schtroumpf grognon et le Schtroumpf téméraire (spécialement créé pour ce film) parfaitement rendus par les équipes des effets numériques de Sony Pictures Imageworks. Mais le véritable ressort comique de ce long-métrage reste certainement le personnage de Gargamel, bête et méchant, superbement interprété par Hank Azaria, avec Azraël, son acolyte félin optimisé par des effets spéciaux un poil excessifs.

 
Le scénario, écrit à huit mains par deux des coscénaristes de Shrek 2 et par deux scénaristes de la série télévisée Spin City, ne s’inspire d’aucun album en particulier, mais reprend la trame classique des petits Schtroumpfs traqués par l’infâme Gargamel. À partir de cette base traditionnelle, il diverge totalement des BD comme des dessins animés pour plonger poursuivis et poursuivants dans ce monde parfaitement inconnu pour eux qu’est New York. Au-delà de l’intrigue centrale, l’histoire intègre de nombreux clins d’œil qui apportent une bonne dose d’humour à un film qui déjà n’en manque pas.

 
Pour être efficace, une adaptation cinématographique ne peut pas se contenter de copier la version originale, qu’il s’agisse d’un classique de la bande dessinée ou du plus grand des best-sellers de la littérature mondiale (comme un certain Seigneur des Anneaux). Il faut parfois savoir trahir l’œuvre d’origine pour créer un produit convaincant au cinéma. Raja Gosnell l’a fort bien compris et donne à ses spectateurs un film presque parfait mêlant action, humour et bons sentiments. Ce faisant, il redonne aux Schtroumpfs un potentiel commercial au-delà du seul médium BD, ce qui ne peut que plaire aux actuels détenteurs des droits des célèbres créatures bleues.
Formaté pour les salles obscures, avec un scénario suffisamment malin pour séduire le plus grand nombre, ce long-métrage peut décevoir les puristes par ses infidélités répétées à l’œuvre originale. Et pourtant, force est de constater que ces Schtroumpfs se laissent voir et revoir (puisque disponibles en blu-ray et DVD) sans déplaisir.
 

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