BD : Spacebaby


Scénario et dessins de Jean-Marie Arnon – Couleurs (bichromie) de Michael Granger
Avril 2012 – 76 pages
Éditeur : Cinéfil du temps et Aston Villa Concept

En mission d’exploration dans l’espace infini, l’équipage du vaisseau Honora est intercepté pour un contrôle par une arche Thélèbe. Si Kurt, ce gros caillou de copilote, est correctement accueilli par les symbiotes thélèbes, Isabeau, la navigatrice est presque éjectée du bord. En effet, Isabeau est humaine, elle appartient donc d’une espèce notoirement considérée comme inférieure au sein de l’univers connu.


Tout comme Keith Giffen (Legion of Super-Heroes) à l’aube de sa carrière ou bien Tom Scioli (American Barbarian), Jean-Marie Arnon fait partie de ces artistes qui, à travers leur dessin, font preuve de la véritable admiration qu’ils ont pour le roi des comics que fut Jack « The King » Kirby (1917-1994), créateur graphique de Captain America, Fantastic Four, The Demon, Captain Victory et bien d’autres héros. C’est dans les années 1980, que Jean-Marie Arnon fait ses débuts d’auteur de bandes dessinées, créant l’étrange univers préhistorique et humoristique de Dinosaur Bop pour les Éditions Zenda (quatre albums de 1989 à 1993). Puis, c’est dans les pages de L’Écho des savanes que paraissent les aventures des Furies (un album en 1996), Cœurs de silex (un album en 1997) et L’Invasion (un album en 2000). Parallèlement, il participe au fanzine Reptile des Éditions Organic Comix dans les pages duquel il publie plusieurs épisodes de Je suis une sorcière, ainsi que les premiers chapitres de Spacebaby. Pour cet éditeur alternatif, il crée également, avec le scénariste Jean Depelley (Galaxy Green), la série préhistorique Megasauria (un album en 2009) et encre plusieurs planches du ShieldMaster de Jim Simon, Depelley et Reed Man (un album en 2011).



À travers toutes ses créations, Jean-Marie Arnon, tout en étant visiblement influencé par le King Kirby, impose un style qui lui est propre, un brin rugueux. Mais, lorsqu’il nous entraîne au plus profond du cosmos avec ce Spacebaby, son dessin se fait encore plus proche de celui de Kirby, tout en gardant une petite dose de folie qui lui est toute personnelle. Quant à la bichromie concoctée par Michael Granger, elle rappellera, avec nostalgie, à certains lecteurs, l’époque des Fantask et des premiers Strange des éditions Lug.

Si l’on passe outre une couverture peu avenante, Jean-Marie Arnon nous offre un véritable space opera avec des extraterrestres originaux à souhait et une héroïne sexy, au caractère bien trempé, digne des Barbarella, Ripley et autres aventurières de l’espace.
 

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