FILM: Du plomb dans la tête


Scénario d’Alessandro Camon – d’après la bande dessinée de Matz et Colin Wilson (Casterman) – réalisation de Walter Hill
Sortie en salles : 1er février 2013 (USA) et 27 février 2013 (France)
IM Global et Dark Castle Entertainment

En enquêtant sur la mort d’Hank Greely, survenue à la Nouvelle-Orléans, le lieutenant Taylor Kwon du département de police de Washington DC découvre que l’un des assassins de son ex-partenaire a été tué la même nuit. Devant le peu de résultats des enquêteurs locaux, Kwon décide, bon gré mal gré, de faire une alliance contre nature avec l’autre tueur, un vieux de la vieille nommé James Bonomo. Plus connu sous le sobriquet de Jimmy Bobo, celui-ci va l’aider à identifier les commanditaires du meurtre de Greely.


Lorsque Hollywood adapte une bande dessinée européenne dont l’action se situe aux États-Unis, il ne faut pas s’attendre à une fidélité extrême. Les multiples personnages et divers complots politico-financiers qui offrent à Matz (Le Tueur) et Colin Wilson (La Jeunesse de Blueberry) la possibilité de faire doucement avancer l’intrigue de Du plomb dans la tête dans les pages de trois albums, se trouvent concentrés en 90 minutes d’action et de violence. Savamment orchestré par le maître du genre qu’est Walter Hill (48 heures), ce long-métrage permet de retrouver Sylvester Stallone dans le rôle du tueur sans pitié (mais qui ne tue ni les femmes, ni les enfants). A noter que son patronyme de Jimmy « Bobo » Bonomo utilisé dans le film s’éloigne sensiblement du Jimmy « Marvel » Steingold de la version BD. Et l’on peut, à l’occasion, regretter la disparition du point de départ de l’enquête des policiers de la BD, une déjection canine qui les met sur la piste des assassins.


Parmi les nombreuses divergences entre la bande dessinée et l’adaptation cinématographique, ce n’est pas un ripou qui est assassiné dans « Petits poissons », premier tome de Du plomb dans la tête sorti en 2004, mais un Sénateur des États-Unis d’Amérique. Il faut également attendre « Les gros poissons », deuxième tome de la série (paru en 2005), pour voir les acolytes des héros passer de vie à trépas. Et c’est Jimmy, le tueur, qui prend contact avec Philip Carlisle, le flic, pour lui proposer une association afin de venger leurs amis en remontant jusqu’aux gros poissons pour foutre « Du bordel dans l’aquarium » (titre du troisième et dernier volet publié en 2006). Ce qui permet de constater une autre différence visible entre les deux supports puisque le policier blanc et blond du NYPD de la BD est remplacé à l’écran par un jeune Américain d’origine coréenne Taylor Kwon (interprété par Sung Kang vu dans Fast and Furious 4,5 et 6). Quant à l’indispensable personnage féminin, la hardie journaliste Kate Stewart se transforme en piquante tatoueuse et fille du tueur, Lisa (Sarah Shahi vue dans les séries TV Life et Facing Kate). Enfin, pour donner du piment et un adversaire de taille à Sylvester Stallone, les producteurs ont invité le nouveau Conan, Jason Momoa, pour jouer les mercenaires déjantés.
Au final, les versions BD et ciné de Du plomb dans la tête apparaissent comme des produits totalement différents qui procurent donc des sensations totalement différentes. Ceux qui ont véritablement apprécié la bande dessinée de Matz et Wilson peuvent sans peine éviter de perdre une heure trente avec le film de Walter Hill. A l‘inverse, ceux qui ont découvert Jimmy Bobo sur grand écran peuvent sans crainte tenter l’expérience de la lecture des trois tomes de Du Plomb dans la tête chez Casterman.

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