MANGA : Berserk volume 13


Scénario et dessins de Kentarō Miura – Traduction d’Anne-Sophie Thévenon
Mai 2006 – 240 pages
Éditeur : Editions Glénat, collection Seinen Manga – glenatmanga.com

Piégée dans un monde infernal, la troupe du Faucon est systématique décimée par une horde de démons. Pippin et Judo se sacrifient pour permettre à Casca de survivre. Guts se bat comme un beau diable contre des créatures monstrueuses pour sauver ses compagnons. Mais c’est là un combat sans espoir, surtout lorsqu’il découvre que c’est Griffith, son chef et celui qu’il pensait être son ami, qui les a conduit dans ce traquenard mortel.


Véritable saga médiévale fantastique, le manga créé par Kentarō Miura en 1989 fait preuve d’une extraordinaire longévité. En effet, il est toujours en cours de publication dans les pages du magazine
Young Animal et le 37ème recueil de ses aventures a paru en mars 2013 chez l’éditeur nippon Hakusensha.
Le 13ème volume de Berserk, publié au Japon en 1997, n’est peut-être pas le meilleur de la série, mais il fait partie des incontournables de cette épopée puisqu’il clôt la genèse de Guts et pose les bases du cycle suivant. Mettant un terme au long flash-back débuté dès le premier épisode de cette aventure de dark fantasy, il permet ainsi de mieux comprendre les motivations du personnage central de la saga qu’est Guts le chevalier noir. La haine qui l’anime désormais est à la hauteur de la trahison de Griffith. Chef incontesté de la troupe des Faucons, ce dernier, après avoir subi d’infernales tortures dans les geôles du Midland, fait le choix d’offrir ses fidèles compagnons d’armes en sacrifice afin de se transformer en un des God Hand : Femto. Pire encore, celui qui avait été le sauveur de la jeune Casca devient son bourreau en la violant sous les yeux de le dernier survivant de la troupe des Faucons qu’est Guts. Durant cette bataille sans espoir, Guts est blessé à de multiples reprises, perdant son œil droit et sacrifiant son bras gauche pour sauver Casca.


Ce volume d’une violence extrême constitue l’ultime chapitre adapté en dessin animé dans le vingt-cinquième et dernier épisode de la série d’animation réalisée par Naohito Takahashi en 1997-1998. Il compose également la conclusion de la trilogie
Berserk Golden Age Arc, mise en scène par Toshiyuki Kubooka et fort joliment animée par le Studio 4°C, en 2012-2013.
Une chose est sûre, l’extraordinaire longévité de Berserk s’explique par la qualité du dessin de Kentarō Miura (et de son studio*), mais aussi par son scénario qui explore toutes les facettes de l’être humain. Le meilleur (amitié, courage, loyauté) comme le pire (trahison, complot, vengeance). Ce manga et ses versions animées sont bien évidemment réservés à un public averti.


* Comme bon nombre de mangakas, Kentarō Miura dispose de plusieurs assistants. Connue sous la dénomination de Studio Gaga, cette structure réunit trois à cinq artistes qui se chargent des personnages secondaires, des décors, du tramage et de l’encrage. Leur identité n’a rien de secret, car Miura cite régulièrement leur nom à la fin des différents chapitres de
Berserk. L’un de ces assistants, Mitsuhisa Kuji, qui travailla sur les volumes 18 à 26 du manga, est aujourd’hui l’auteur reconnu de la série médiévale Wolfsmund. Depuis 2009, cette dernière est publiée par le magazine Fellows de l’éditeur nippon Enterbrain, et par Ki-oon, en France, depuis 2012.

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