BD : La Lionne livre II : Odi, amo et excrucior


Scénario de Sol Hess – Dessins de Laureline Mattiussi – Couleurs d’Isabelle Merlet
Septembre 2013 – 64 pages
Éditeur :Treize étrange (une collection des Éditions Glénat) - 13etrange.com
laurelinemattiussi.blogspot.fr

Courtisane à la chevelure de feu, Léa la lionne est accusée du meurtre du consul Publius Afranius. Elle parvient à fuir avec l’aide de Samuel le Juif et, dans leur errance, ils tombent, au milieu des éclairs et de la foudre, sur un étrange cavalier solitaire qui dit être Jules César.


Avec ce deuxième tome, Sol Hess (La Lionne pour Treize étrange) et Laureline Mattiussi (L’île au poulailler pour Treize étrange) donnent une conclusion leste et toujours grivoise aux aventures de Léa la lionne.
La Rome antique décrite par Hess et Mattiussi est à mille lieues des visions humoristique d’Astérix le Gaulois ou bien plus policée d’Alix. La Lionne fait irrésistiblement penser à un film de Fellini, avec ses personnages proches de la caricature sans jamais y sombrer et sa folie totalement maîtrisée.


Initialement prévu sur trois tomes, les aventures de Léa la Lionne se concluent avec ce second volume qui se présente comme une course-poursuite, dont le lièvre est notre rousse incendiaire pourchassée par la milice romaine, les sbires d’Aulus le brigand et d’autres encore fascinés par sa beauté. Le récit de Sol Hess ne se permet que bien peu de pauses, dans une Rome en pleine déchéance et menacée par la peste. À l’énergie du scénario répond le dessin surprenant de Laureline Mattiussi. Surprenant, car, derrière son apparente simplicité, se cache un trait proche de celui de l’Argentin José Munoz (Alack Sinner chez Casterman), tout en profondeur et en noirceur. D’ailleurs, si la mise en couleurs déstructurée d’Isabelle Merlet (L’Art du chevalement chez Futuropolis) ajoute à l’impression de décadence et de fin d’empire, elle n’apporte rien au dessin de Laureline Mattiussi qui se suffit à lui-même.
La caution historique de cette aventure provient, pour partie, de la présence de Catulle, poète romain, qui joue un rôle non négligeable dans ce récit, et dont quelques vers sont cités en introduction.
Grâce ou à cause de ses choix narratifs et graphiques, La Lionne est une bande dessinée que l’on peut détester au premier regard ou bien encenser après l’avoir lue, mais, une chose est sûre, elle ne laisse pas indifférent.
Laureline Mattiussi était en dédicace le samedi 30 novembre 2013 à la librairie Le Passeur à Bordeaux.

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