COMIC BOOK : George A. Romero’s Empire of the Dead n°1


Scénario de George Romero – Dessins et couverture d’Alex Maleev – Couleurs de Matt Hollingsworth - Couvertures alternatives d'Arthur Suydam et de Frank Cho
January 2014 – 32 pages
Éditeur : Marvel Comics (USA) - marvel.com

Cela fait cinq ans que les morts se sont réveillés. Quelques poches de résistance existent encore. C’est le cas de la ville de New York qui, grâce à la politique sécuritaire du maire Chandrake, a conservé un semblant d’organisation au milieu du chaos. Au cœur de cette forteresse encerclée, la scientifique Penny Jones étudie quelques spécimens de morts-vivants capturés par Paul Barnum pour alimenter les jeux du cirque de la cité.


Les zombies ont la cote dans le monde des comic books. Chez Image Comics, c’est
The Walking Dead, de Robert Kirkman (Invincible pour Image) et Charlie Adlard (Le Souffle du Wendigo chez Soleil), qui a allègrement dépassé son centième numéro en 2012. Tandis que les super-héros zombies de la Terre parallèle (Earth-2149) font régulièrement parler d’eux dans l’univers Marvel. Il était donc normal que le seul et unique George Romero, coscénariste et réalisateur du film fondateur du genre, Night of the Living Dead (1968), vienne imposer sa voix. Il le fait tout naturellement en écrivant le scénario de cet Empire of the Dead pour Marvel Comics.
Ce n’est certes pas la première fois que le nom de Romero est associé à un comic book. On l’a ainsi bien souvent vu en couverture des adaptations BD de ses films, m c’est Steve Niles (30 Days of Night chez IDW) qui signe le scénario des trois épisodes de George A. Romero’s Dawn of the Dead, pour IDW en 2004, tandis que Chris Ryall (Road Rage chez IDW) se charge des cinq chapitres de George Romero’s Land of the Dead pour IDW en 2005. Il est également présent au frontispice de quelques-unes des variations graphiques de Night of the Living Dead, d’Avatar Press, même si les textes sont dus à son ancien partenaire John Russo et à divers auteurs maison.
Bien évidemment, si l’on veut être complet, il ne faut pas oublier de citer les six épisodes de Toe Tags Featuring George A. Romero publiés par DC Comics en 2004-2005. Le scénario, qui fait intervenir des morts-vivants et un éléphant, est bel et bien signé Romero. Il est mis en images par Tommy Castillo (Grimm Fairy Tales: Different Seasons chez Zenescope), avec des couvertures de l’inimitable Bernie Wrightson (Frankenstein Alive, Alive! chez IDW).


Empire of the Dead
se situe d’ailleurs plus dans la lignée de Land of the Dead que dans celle des derniers films au budget de plus en plus réduit de Romero que sont Diary of the Dead – Chroniques des morts-vivants (2007) et Survival of the Dead (2009). On retrouve ainsi une cité qui s’est organisée pour survivre au fléau qui a dévasté le monde, un maire omnipotent et des zombies utilisés pour distraire le peuple. Mieux encore, le cinéaste fait le lien, à travers quatre pages de flash-back, avec son premier long-métrage. En effet, on y apprend que le personnage de Penny Jones n’est autre que la sœur de Barbra qui, découvre-t-on ici, a survécu à La Nuit des morts-vivants grâce à son frère Johnny zombifié.
On se doit de constater que le trait sombre d’Alex Maleev (Scarlet pour Icon) convient parfaitement à cette invasion de morts-vivants dans un New York que le dessinateur connaît par cœur puisque la ville a servi de décor aux quelque cinquante épisodes de Daredevil qu’il a illustrés. Matt Hollingsworth (Preacher pour Vertigo) ajoute à l’efficacité du dessin grâce à une mise en couleurs tout en douceur et en sobriété, sauf lorsque le sang rougit les cases. Enfin, si Arthur Suydam (Mudwog chez Glénat) et Frank Cho (Liberty Meadows chez Image) signent des variants covers intéressantes, celle d’Alex Maleev est un peu trop explicite, dévoilant l’une des surprises de ce premier épisode qui ne manque pas de mordant.
Définitivement « not for kids » comme l’indique clairement l’avertissement en couverture, ce premier épisode d’Empire of the Dead n’est pas désagréable à lire. Présentation efficace d’un monde en pleine décadence, il ouvre d’étonnantes perspectives sur l’intelligence des zombies, thème récurrent dans l’œuvre de Romero depuis Day of the Dead (1985), mais aussi sur d’autres créatures de la nuit bien éloignées des univers du cinéaste depuis Martin (1977).

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