BD : Spirou n° 3980

Rédacteur en chef : Frédéric Niffle - Couverture de Lambil (Tuniques bleues)
27 Juillet 2014 – 52 pages
Éditeur : Dupuis - spirou.com

Spirou ne change pas. En 1968, les Tuniques bleues, alors dessinées par Louis Salvérius (1935-1972), faisaient la couverture de l’hebdomadaire. En 2014, illustrées par Lambil, elles sont toujours au frontispice du journal et c’est bien évidemment l’inoxydable Raoul Cauvin qui conte leurs exploits. Utilisant une technique bien rodée, le scénariste s’empare d’un fait historique avéré, ici le scorbut qui frappait les troupes nordistes et sudistes en manque de ravitaillement frais. Il plonge alors son duo antagoniste, Chesterfield et Blutch, dans le nouveau récit ainsi conçu et intitulé « Les Bleus se mettent au vert ».

Spirou ne change pas. En 1946, Lucky Luke faisait ses premiers pas dans l’Almanach 47 du journal. En 2014, le héros de Morris (1923-2001) escorte « Les Tontons Dalton » dans une aventure inédite concoctée par Laurent Gerra et Jacques Pessis, dans l’esprit des Tontons flingueurs, mise en images par Achdé.
Spirou ne change pas. En 1959, Jean Roba (1930-2006) et Maurice Rosy (1927-2013) s’associaient pour donner naissance au duo Boule et Bill. En 2014, le petit rouquin et son cocker s’amusent toujours sous la plume de Laurent Verron, aidé par Veys et Cric pour le gag de la semaine.

Spirou ne change pas. L’hebdomadaire continue à offrir une chance aux dessinateurs en herbe avec ses Cartes blanches. Cette rubrique, apparue en 1973 et disparue en 1982, a refait surface en 2013. Elle permet de découvrir, le temps d’une planche, un jeune auteur ou un professionnel en quête d’évasion. Pour ce 3980ème numéro, il s’agit d’un gag félin réalisé par Alex Imé.
Cet immobilisme de façade ne doit pas faire oublier que Spirou sait évoluer et accueille plusieurs générations d’artistes talentueux. C’est ainsi que l’on retrouve, avec plaisir, Fabien Vehlmann et Denis Bodart aux commandes de « La Machine à assassiner dans le temps », une nouvelle aventure des membres du très victorien club du Green Manor.


Comme à son habitude, Spirou fait la part belle à l’humour avec Tamara (de Zidrou, Darasse et Bosse), L’Agent 212 (de Raoul Cauvin et Daniel Kox), Les Psy (de Cauvin et Bédu), Mélusine (de Clarke), Givrés (d’Amalric et Madaule), Katz (de Del et Ian Dairin), Bulbox (de Netch), Nelson (de Christophe Bertschy), Les Cavaliers de l’apocadispe (de Libon), Rob (de James et Boris Mirroir), L’Atelier Mastodonte (de Lewis Tronheim et de Mazan), La petite Lucie (de Joan), Game Over (de Midam) et quelques d’autres.


Respectueux de ses lecteurs, jeunes ou vieux, fidèle à ses traditions, mais capable d’évolutions, Spirou est et reste l’exemple de l’hebdomadaire BD de qualité tout public. À noter que le journal du petit groom est disponible au format numérique sur les plateformes iTunes et izneo.


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