Samedi
4 et dimanche 5 octobre 2014, à Gradignan (33)
www.lireenpoche.fr
Si
Lire en Poche, le seul salon consacré au livre de poche, mérite sa place dans
ces chroniques BD, c’est parce qu’il accueille, habituellement et confraternellement,
un stand consacré à la bande dessinée tenu par les organisateurs du Week-end BD
de Gradignan. Mais, c’est aussi et surtout parce que, cette année, Lire en
Poche offre une place grandissante au manga à travers un stand tenu, par la
librairie Libellule de Marmande, des auteurs en dédicace et une rencontre
consacrée au phénomène manga.
Bien
évidemment, Lire en Poche ne pouvant pas encore rivaliser avec le Salon du
Livre de Paris qui invite régulièrement des auteurs nippons de la trempe de Takehiko
Inoue ou Kaori Yuki, ce ne sont donc pas des mangakas japonais qui font acte de
présence, ce week-end, à Gradignan. Cependant, les quatre auteurs présents sont
loin d’être des inconnus pour les amateurs de mangas à la française.
Ces
samedi et dimanche, on peut ainsi croiser Shong, dessinateur de L’Escouade des Ombres (Les Humanoïdes Associés,
2007) et créateur d’Akhane (Bac@BD,
2011). Il y a aussi Zerriouh, auteur complet, scénariste, dessinateur et
coloriste, qui a récemment publié The
Rolling Floyd (La Fourmilière BD, 2014), ainsi que Cyrielle qui travaille
comme illustratrice pour divers éditeurs jeunesse, mais qui a aussi signé plusieurs
albums BD dont Tokyo Home (Kana,
2010).
Enfin,
il y a Liaze, illustratrice et dessinatrice, à qui l’on doit le diptyque Lost Soul paru en 2010-2011 aux Éditions Taifu. L’une des
particularités de cette bande dessinée en noir et blanc, mise en images par un duo
d’auteures hexagonales, malgré des pseudonymes aussi exotiques que Liaze et Moemai,
est d’être publiée dans le sens de lecture original japonais, de droite à
gauche. Si Moemai, dans un freetalk très nippon, dit s’être inspirée du Nouvel Angyo Onshi, un manga réalisé par
des artistes coréens, Lost Soul fait cependant
irrésistiblement penser aux œuvres du célèbre studio féminin Clamp. Une
filiation que ne renie pas Liaze, puisque, dans son freetalk, elle cite Kaori
Yuki et Clamp comme source d’inspiration. On retrouve donc, dans ce manga de
conception française, toutes les conventions et certains tics des œuvres japonaises.
Le personnage principal, Ethan le nécromancien porte ainsi des costumes qui
rappellent les uniformes des étudiants nippons. Liaze use également, sans en
abuser, d’une version super déformée de ses personnages, surtout le jeune démon
Néphis, l’apprenti d’Ethan, pour mettre en évidence leurs sautes d’humeur ou
leurs sentiments. On retrouve, comme c’est souvent le cas dans les mangas de
Clamp, des personnages masculins aux allures efféminées et aux attitudes parfois
ambiguës, c’est le cas ici de Seren.
Et,
s’il n’y a pas de fan service et de petites culottes à gogo, cela n’empêche
nullement d’avoir des personnages féminins sexy, à l’image de Linko,
l’assistante de Seren, ou bien de la sorcière Aletheia.
Ce
sont également ces quatre auteurs enthousiastes qui ont parlé de leur passion
lors d’une rencontre d’une heure consacrée au Manga, ce dimanche 5 octobre 2014.




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