Scénario
de Vincent Paronnaud – adaptation de Léa Pernollet – réalisation de Vincent
Paronnaud
Diffusion
le samedi 19 juillet 2014 à 1H23 sur Canal+ dans la Séance tout court
Kidam
et Ferraille Prod - kidam.tv
Les
Pyrénées, 1957. Pierre, un berger taciturne conduit son troupeau à l’estive. Il
croise un couple de touristes étrangers. Puis, il assiste au parachutage d’un
détachement militaire se livrant à un exercice dans cette région montagneuse.
Tel
est le point de départ du nouveau court-métrage, d’une durée de 22 mn et
33 sec, écrit et mis en scène par Vincent Paronnaud alias Winshluss. C’est
sous ce dernier pseudonyme que l’auteur, qui fait dans la BD politiquement
incorrecte depuis 1999, s’est fait connaître du grand public avec des albums à
l’humour décapant, comme sa version très personnelle de Pinocchio (Les Requins Marteaux, 2008) ou son récent In God We Trust (Les Requins Marteaux,
2013). Depuis 2003, il a ajouté une nouvelle corde à son arc artistique en
mettant en scène plusieurs courts-métrages principalement pour Ferraille Prod.
Sous son véritable patronyme, il a également co-écrit et co-réalisé, avec
Marjane Satrapi, deux longs-métrages : Persepolis
(2007) et Poulet aux prunes (2011).
Menant
de front ses activités de bédéaste et de cinéaste, Vincent Paronnaud
s’aventure, avec Territoire, sur les
terres du film d’horreur agrémenté de critique sociale maintes fois défrichées
par George A. Romero. C’est très certainement pour cette raison que bon nombre
de commentateurs assimilent les créatures qui hantent ce court-métrage à des
morts-vivants. Pourtant, ces dernières ressemblent beaucoup plus à des
loups-garous qu’à des zombies. D’ailleurs, tous les indices semés par le
réalisateur convergent en ce sens : traces de loups, pleine lune et attaque
en meute. Et, s’il fallait comparer Territoire
à un film existant, c’est plutôt du côté de Dog
Soldiers (2002), réalisé par le Britannique Neil Marshall (The Descent), qu’il faudrait regarder.
Cela n’enlève rien au discours critique de ce court-métrage qui cible, à
travers les parachutistes se préparant à la guerre, l’autorité établie.
Certes,
on pourrait reprocher à Vincent Paronnaud le manque de profondeur psychologique
de ses personnages principaux et les dialogues plus que minimalistes. Mais, la
vingtaine de minutes de ce court-métrage sont déjà largement employées par le
récit intense et prenant. Quelques plans rapides permettent cependant de percevoir
que Pierre, interprété par le comédien Jean-Marc Desmond, n’a rien d’un
Terminator sans âme. De son côté, l’actrice Lucie Debay passe rapidement du
rôle de touriste étrangère à scream queen pour finir en victime expiatoire.
Doté
d’un tout petit budget, Vincent Paronnaud réalise un petit bijou utilisant à
merveille les paysages pyrénéens et sachant, à la manière d’un Jacques
Tourneur, faire d’effets spéciaux minimalistes un avantage narratif.
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