Parler
des « Dieux de Jack Kirby » pourrait se résumer à aborder le Fourth
World que le King des comics développa chez DC Comics, dans les
années 1970. Mais, comme l’a fort bien démontré Alex Nikolavitch lors de
sa conférence, ce ne serait voir qu’un aspect bien limité du rapport de Jacob
Kurtzberg alias Jack Kirby (1917-1994) avec la notion de divinité.
Passionné
par l’univers de la BD US depuis toujours, Alex Nikolavitch maîtrise son sujet
sur le bout des doigts. Il ne faut pas oublier qu’il est un traducteur de
comics connu et reconnu pour Panini, Delcourt et quelques autres. Il est
également scénariste, notamment de Crusades
(dessins de Zhang Xiaoyu pour les Éditions Glénat, 2009-2012).
Les
quelque quatre-vingt-dix minutes prévues pour cette conférence ont été
allègrement dépassées car c’est à une revue de détail que s’est livré Alex
Nikolavitch. Il démontre aisément le rôle primordial joué par Jack Kirby dans
la création du vaisseau amiral de la flotte Marvel en ces
années 1960 : Fantastic Four.
Ces super-héros sont les héritiers directs des Challengers of the Unknown qu’il avait créés, quelques années plus
tôt, pour DC. Nikolavitch fait également apparaître les liens qui unissent des
personnages tels que Supreme Intelligence et Ego the Living Planet, Silver
Surfer et Him (futur Adam Warlock), Maximus des Inhumans et Loki le meilleur
ennemi de Thor.
Alex
Nikolavitch montre ensuite comment Kirby profitant d’un peu plus de liberté sur
la série Thor, reprend certains
concepts affadis par les choix narratifs de Stan Lee dans Fantastic Four. Se servant du panthéon nordique, le King des Comics
peut librement développer les origines de Galactus (dans Thor n° 160 à 162 - Marvel, 1969). Il dévoile ainsi que cette
déité destructrice, capable de dévorer la Terre, n’est elle-même que l’ultime
survivante d’une civilisation frappée par l’Apocalypse. Cela donne un aperçu de
la complexité de la pensée de Kirby en matière de divinité et de création.
Poursuivant
son discours avec le Fourth World,
Alex Nikolavitch démonte, images à l’appui, les connections existant entre le
Ragnarok avorté de Thor n° 128
(Marvel, 1966) avec les premières pages de The
New Gods n° 1 (DC Comics, 1971). Terminant sa conférence sur le
discours eschatologique dans la bibliographie kirbiesque par une rapide
approche de The Eternals (Marvel,
1976-1978), Nikolavitch donne une réelle envie de redécouvrir l’œuvre de ce
génie des comics qu’est Jack The King Kirby.
Lecture
conseillée :
• « Mythes
& super-héros » d’Alex Nikolavitch (Les Moutons électriques, 2011)






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