MANGA : Area D le territoire des mutants Volume 7 : La prison de l’éclipse


Scénario de Kyouichi Nanatsuki – Traduction d’Emmanuel Bonavita – Dessins de Yang Kyung-il – Couverture de Koji Inami (Bay Bridge Studio)
Avril 2015 – 192 pages
Éditeur : Pika Édition, collection Seinen –
pika.fr/catalogue/pika-seinen/area-d/area-d-t07-22941

Alors que le combat fait rage entre Jin Kazaragi, le détenu aux pouvoirs inconnus, et Goz, le chef du Quartier Sud, Kaito Yûki, Enki, Rio Ibuki et Mariko rencontrent l’étrange professeur Gajirô Môri. Ce dernier est le seul à pouvoir guider la bande hétéroclite jusqu’au Conseil des surhommes qui retient Satoru Îda et Mika prisonniers. Môri consent de les aider s’ils acceptent de se costumer en élèves de l’Académie de magie de Sera+ avec les petites jupettes plissées pour les filles.


Si le résumé d’
Area D le territoire des mutants peut sembler confus et embrouillé, c’est parce que l’histoire de Jin Kazaragi et de ses compagnons a débuté, il y a plus de trois ans, dans les pages de l’hebdomadaire Weekly Shōnen Sunday de l’éditeur tokyoïte Shōgakukan (Détective Conan, Cutey Honey, Black Lagoon).
Même si les mutants de Kyouichi Nanatsuki n’ont pas grand-chose à voir avec ceux des Marvel Comics, on retrouve dans le nouveau manga du scénariste de Arms (1997-2002 – dessiné par Ryōji Minagawa – 22 volumes publiés en France par Kana) cette peur identique qui habite les humains normaux face aux pouvoirs inconnus et hautement destructeurs des « Altered ». Ainsi, comme dans les diverses séries X-Men, la réaction première des autorités n’est pas la discussion, mais l’élimination de la menace que peuvent représenter les mutants. Ici, les « Altered » sont tout simplement exilés sur une île-prison isolée dont aucun retour n’est possible.


C’est sur ce point de départ classique que Kyouichi Nanatsuki construit une histoire pleine de rebondissements.
Area D peut bien évidemment faire penser à Battle Royale (2000-2005 – scénario de Koushun Takami et dessins de Masayuki Taguchi – 15 volumes publiés en France par Soleil Manga) pour les combats sans foi ni loi, ou à Rainbow (2002-2009 – scénario de George Abe et dessins de Masasumi Kakizaki – 22 volumes publiés en France par Kazé) pour l’ambiance carcérale, ou même à Deadman Wonderland (2007-2013 – scénario de Jinsei Kataoka et dessins de Kazuma Kondou – 13 volumes publiés en France par Kana) pour sa thématique générale, Kyouichi Nanatsuki développe un univers qui lui est propre superbement mis en images par Yang Kyung-il.


Dessinateur sud-coréen œuvrant régulièrement pour les éditeurs nippons, Yang Kyung-il est bien connu pour son travail sur le manga
Le Nouvel Angyo Onshi (2001-2007 – scénarisé par son compatriote Youn In-wan – 17 volumes publiés en France par Pika Édition). La finesse et l’élégance de son trait conviennent à merveille pour donner vie aux multiples personnages féminins de Area D. Il sait tout particulièrement mettre en valeur leur plastique sans pour autant tomber dans le fan service éhonté. Grâce à lui, la nudité de Rio, lorsqu’elle utilise ses pouvoirs de théâtre d’ombre, n’a rien de vulgaire. Mais son style sait aussi se faire efficace quand il faut créer des monstres inquiétants à souhait, comme le professeur Môri échappant à l’influence restrictive de l’éclipse.
Même s’il est publié en France dans la collection Seinen de Pika, Area D est et reste un Shōnen avec les qualités et les défauts du genre. S’il sort du lot, c’est principalement grâce au dessin délicat et énergique de Yang Kyung-il.

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