BD : NSA tome 1 – L’Oracle


Scénario de Thierry Gloris – Dessins de Sergio Bleda – Couleurs de Lorien
Février 2015 – 48 pages
Éditeur : Casterman – bd.casterman.com/

Lorsque deux membres de la NSA viennent proposer à Rose « Oz » Nyx de devenir tutrice d’Apollo Johnson, son demi-frère, la jeune femme est loin d’être ravie. En effet, il est difficile d’entretenir des liens affectifs avec quelqu’un qui, comme Apollo, souffre d’un syndrome d’Asperger et semble avoir une calculatrice géante dans la tête. Mais quand on lui offre de réaliser le rêve de sa vie, obtenir un insigne d’agent fédéral, « Oz » accepter sa nouvelle charge de famille et quitte sans regret son poste de policier de la petite ville de Creeper Creek.


Scénariste du Codex Angélique (Delcourt, 2006-2009), Waterloo 1911 (Delcourt, 2008-2012), Missi Dominici (Vents d’ouest, 2009-2012) et plusieurs autres séries souvent construites sur une base historique, Thierry Gloris s’aventure avec NSA dans l’univers de l’espionnage et des faux semblants. Bien connue depuis les révélations fracassantes d’Edward Snowden, en 2013, la National Security Agency avait déjà eu les honneurs du cinéma. La sulfureuse agence de renseignements a fréquemment eu le mauvais rôle, traquant Will Smith dans Ennemi d’État (de Tony Scott, 1998). On la croise, sous des aspects plus ou moins positifs, dans diverses œuvres de fiction, y compris dans la bande dessinée XIII de Jean Van Hamme et William Vance, avec son obstiné et violent directeur Frank Giordino. La NSA de Thierry Gloris semble plus sympathique, même si elle développe un projet secret en utilisant les capacités très spéciales d’Apollo Johnson, autiste savant. Celui-ci avait ainsi annoncé, le 10 septembre 2001, qu’une catastrophe viendrait du ciel, le lendemain,  pour le World Trade Center.


Si, dans le premier de ce diptyque, Gloris s’intéresse plus particulièrement aux relations complexes qui existent entre « Oz » et Apollo, l’action n’est pas absente avec une trahison et une tentative d’assassinat spectaculaire qui concourent à créer le suspense des ultimes pages de cet album.
Côté dessins, on retrouve le dessinateur espagnol Sergio Bleda dont la dernière incursion en France date de 2009 avec le second tome de Dolls Killer (Soleil). Son style semi-réaliste se révèle efficace surtout lorsque l’action démarre.
Après avoir dévoré cet « Oracle », il ne reste plus qu’à attendre la suite et fin de cette aventure.

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