Scénario
de Scebha – Dessins de Styloïde – Storyboard de Jem – Couleurs de Nahp
Août
2015 – 80 pages
Éditeur :
GDBM - casteleven.com
Deux
jolies jeunes femmes font l’amour dans la cuisine lorsqu’un sombre individu
masqué vient troubler leurs ébats. Flottant dans les cieux, Titania révèle son
identité secrète à Dark Wind Girl et, en un éclair, les deux super-héroïnes se
retrouvent dans un lit jusqu’à ce qu’un sombre individu masqué ne débarque. Star
de cinéma, la piquante Naya se soumet aux désirs pervers d’un sombre individu
masqué. Ce sont quelques-uns des rêves bizarres qui hantent le sommeil d’Élise.
Fort heureusement, Yann, son futur époux, est là pour calmer ses angoisses.
Alors que les deux amants atteignent l’extase, Yann disparaît comme réduit à
l’état atomique, tandis qu’Élise, moderne Alice, traverse le miroir vers le No
M(e)n’s Land.
Il
est des bandes dessinées qui séduisent par leur scénario, même si le graphisme
se révèle particulièrement aride, et il en est d’autres où l’intrigue devient
secondaire, car l’œil est attiré par une couverture aguicheuse et par des
dessins coquins. No M(e)n’s Land fait
partie des secondes, même si Scebha, le scénariste prend le temps de dévoiler,
dans sa postface, les secrets de No M(e)n’s Land. Il y livre ses intentions,
précisant que son but n’est pas de faire de la pornographie, mais de la tuer
dans l’acte sexuel. Remplacer l’excitation par la sublimation.
Mais
il y a forcément un pas de la théorie à la pratique. Surtout lorsque le dessin
de Styloïde, joliment coloré par Nahp, se révèle direct et efficace et ne
laisse guère de place à une quelconque réflexion philosophique sur l’érotisme.
Les formes généreuses d’Élise, d’Anaïs, d’Alice et de Naya, qui auraient toutes
pu jouer dans les films de Russ Meyer, attirent l’œil du lecteur esthète. On
trouve dans le trait de ce dernier quelques influences américaines avec le
format comics, la mise en page et la morphologie générale des personnages. Mais
on sent également que le manga n’est pas loin avec les grands yeux de biche des
héroïnes et des hermaphrodites qui semblent sortir des meilleurs futanari
nippons. Il faudra donc à notre lecteur une seconde plongée dans No M(e)n’s Land pour découvrir,
qu’au-delà de l’illustration de charme, se cache un scénario et une histoire. Destiné
à un public averti, No M(e)n’s Land offre
un bon moment de détente dans une période où le politiquement correct et
l’autocensure deviennent la règle.
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