BD : Le crime qui est le tien


Scénario de Zidrou – Dessins et couverture de Philippe Berthet – Couleurs de Dominique David
Octobre 2015 – 64 pages
Éditeur : Dargaud Benelux, collection Ligne Noire - dargaud.com

Australie, 1970. Perdu au milieu de nulle part, Thomas Wentworth est un berger qui semble aimer la solitude et le charmant fantôme qui le hante. Lorsque Friday, son ami aborigène, le renvoie à son passé en lui montrant toute une série d’articles sur Ikke Hopper qui, sur son lit de mort, a avoué le meurtre de Lee Duncan, sa belle-sœur. Un crime dont son frère, Greg Hopper, était accusé, conduisant ce dernier à se cacher sous l’identité de Thomas Wentworth.


Zidrou est un scénariste surprenant. Il est l’un des auteurs vedettes de l’hebdomadaire Spirou avec des séries et des gags pour la jeunesse. On lui doit ainsi Les Crannibales (avec Jean-Claude Fournier, 1995-2005), Le Boss (avec Philippe Bercovici, 1997-2001) ou encore Tamara (avec Christian Darasse, depuis 2001). Dans la même veine, il y a aussi L’Élève Ducobu dont les aventures, illustrées par Godi, sont publiées dans les pages du Journal de Mickey depuis 1997 et en albums par Le Lombard.
Mais l’humour n’est qu’une des facettes de ses talents de scénariste. Il sait faire vibrer la corde sensible avec l’histoire de Lydie, une mère et son bébé imaginaire, mise en images par Jordi Lafebre, pour les Éditions Dargaud, en 2010. En 2015, avec le dessinateur Simon Van Liemt, il réussit à ramener à la vie le journaliste-enquêteur Ric Hochet, créé en 1955 par André-Paul Duchâteau et Tibet (1931-2010) pour le défunt hebdomadaire Tintin.


Le crime qui est le tien
est un nouvel exemple de sa maîtrise de la narration avec un polar psychologique de la meilleure eau. Avec l’aide du dessinateur Philippe Berthet, il nous entraîne dans un monde fait de nostalgie et de faux-semblants. Le retour de Greg Hopper dans la petite ville de Dubbo City, vingt-sept ans après sa fuite, lui fait découvrir que rien n’a changé. Cela le ramène tout naturellement à l’époque du meurtre de son épouse dont le spectre sexy l’accompagne partout où il va.
Le duo Berthet au dessin et David à la couleur illustre à merveille le récit mélancolique de cet homme hanté par un crime et par la passion qui le relie encore à cette femme infidèle qui fut son épouse. L’Australie, qui sert de décor à cet album, ressemble parfois à l’Amérique où Berthet et ses divers scénaristes situent régulièrement les aventures de ses héros récurrents ou éphémères. Mais ce n’est pas grave, car ce sont les personnages et leurs non-dits qui imposent leur musique à cette aventure.

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