Scénario
de Gilles Marchand et Patrick Godeau – d’après le roman de Sébastien Japrisot –
réalisation de Joann Sfar
Sortie
en salles : 5 août 2014 (France)
Alicéléo
et Waiting for Cinema
Après
avoir accompagné son patron (Benjamin Biolay) et sa femme (Stacy Martin) à
l’aéroport à bord de leur superbe voiture américaine, Dany (Freya Mavor) décide
de profiter de la splendide Ford Thunderbird et d’aller faire un tour à la mer.
Cette décision, prise sur un coup de tête, va l’entraîner dans une succession
d’évènements sur lesquels elle n’a aucun contrôle.
Dessinateur
de bandes dessinées bien connu, Joann Sfar a déjà eu l’occasion de faire la
démonstration de ses talents de réalisateur de cinéma. En 2011, il a ainsi
obtenu le César du meilleur premier film pour son Gainsbourg, vie héroïque (2010), une non-biographie du chanteur
français dans laquelle Sfar importe une bonne partie de son univers BD. Poursuivant
sur sa lancée, il adapte, en 2011, sa bande dessinée Le Chat du rabbin en dessin animé, avec l’aide d’Antoine Delesvaux,
coréalisateur, et Sandrine Jardel, coscénariste. Le Chat du rabbin remporte le Cristal du long-métrage au Festival
international du film d’animation d'Annecy en 2011 et le César du meilleur film
d'animation en 2012.
Ces
deux réalisations n’ont pas empêché Joann Sfar de poursuivre sa carrière de
bédéaste avec le 6e volume du Chat
du rabbin (« Tu n'auras pas d'autre Dieu que moi » chez Dargaud
en 2015) et deux aventures de Klezmer
(« Trapèze volant » et « Kishinev-des-fous » dans la
collection Bayou de Gallimard, en 2012 et en 2014), sans oublier deux nouveaux
tomes de ses Carnets (« Si Dieu
existe » et « Je t’aime ma chatte » aux Éditions Delcourt).
Le
revoici donc derrière une caméra avec La
Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil. Il y a cependant une énorme
différence entre ce film et les deux précédents. En effet, si un metteur en
scène impose souvent sa patte à ses diverses réalisations, surtout en Europe,
cela est d’autant plus sensible quand il est à l’origine du projet ou lorsqu’il
est également impliqué dans le scénario ou la production. Or, dans le cas de ce
long-métrage, Joann Sfar se contente du rôle de réalisateur. Il met donc en
scène l’adaptation de ce polar de Sébastien Japrisot (1931-2003) qui date de
1966 et qui a déjà fait l’objet d’une précédente version dirigée par Anatole
Litvak (1902-1974), en 1970, avec Samantha Eggar dans le rôle-titre.
En
filmant, sous toutes les coutures, la charmante Freya Mavor dans une France des
années 70, Joann Sfar parvient à retenir l’attention du spectateur
jusqu’au terme de ce long-métrage. La
Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil lorgne du côté des univers
de David Lynch, mais les scènes se succèdent vers le dénouement sans que l’on
retrouve ce sentiment de vivre éveillé dans le rêve de quelqu'un d'autre qui est
au cœur du récit de Sébastien Japrisot.
Éminemment
regardable, il manque cependant à cette Dame
dans l’auto avec des lunettes et un fusil une bonne dose de Sfar
supplémentaire.
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