EXPOSITION : Colombie, la guerre que nous n’avons pas vue


Du 11 décembre 2015 au 6 mars 2016, au Musée d’Aquitaine de Bordeaux (33)
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Le Musée d’Aquitaine de Bordeaux accueille en ses murs une exposition conçue par l’artiste plasticien colombien Juan Manuel Echavarría et sa fondation Puntos de Encuentro. À travers cette dernière, il mène, depuis 2006, des actions culturelles et artistiques visant à préserver « la mémoire historique de la guerre en Colombie ».
En effet, la Colombie, ce pays du nord-ouest de l’Amérique du Sud, connaît depuis plusieurs décennies une succession de conflits armés internes opposant les militaires et la police à des milices politisées et des cartels criminels.
Dans le cadre de sa démarche de mémoire, la fondation a organisé, en 2007, des ateliers de peinture permettant à certains acteurs de ces conflits invisibles aux yeux du plus grand nombre d’exprimer leur non-dit. Cette thérapie par l’art offre à découvrir des tableaux aux des couleurs vives, dominées par le vert des forêts, dont la naïveté ne fait qu’accentuer la description des horreurs de cette guerre que nous n’avons pas vue.


Les titres de ces œuvres parlent d’eux-mêmes : « Le massacre du bas-Naya » (2007) de Jhon Edison (combattant des FARC [1] pendant deux ans, mort en 2011), « Mon premier dépeçage » (2008) de Juan (ancien des Autodéfenses Unies de Colombie [2]) ou « Sans laisser de traces » (2009) de Jhon Gerardo (ex-militaire de l’armée régulière).


À la trentaine de peintures s’ajoute une collection de tapisseries réalisées, toujours l’égide de la fondation Puntos de Encuentro, par des afrodescendantes du Nord de la Colombie. Déplacées à la suite du massacre de Mampuján, en 2000, elles expriment à travers leurs travaux d’aiguille le non-dit de souvenirs extrêmement douloureux.


En plus de ces témoignages, Juan Manuel Echavarría dévoile certains de ses « Silences », une série de photographies de salles de classe vides qu’il a inaugurée par celle du village de Mampuján, en 2010. Depuis, il continue à immortaliser ces écoles en ruines, envahies par la végétation ou reconverties en entrepôts dans les villages abandonnés par une population poussée au loin par la violence des cartels, des milices ou de l’armée.

1 - Fuerzas armadas revolucionarias de Colombia – Ejército del Pueblo (Forces armées révolutionnaires de Colombie - Armée du peuple), généralement appelées FARC, principale guérilla communiste impliquée dans le conflit armé colombien.

2 - Autodefensas Unidas de Colombia (Autodéfenses Unies de Colombie), principal groupe paramilitaire d'extrême droite colombienne.

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