ROMAN : Les Évangiles écarlates


Roman de Clive Barker – Traduction de Benoît Domis
Janvier 2016 – 360 pages
Éditeur : Bragelonne, collection L’Ombre – bragelonne.fr/livres/View/les-evangiles-ecarlates

Vous en avez rêvé, Clive Barker l’a fait. Trente ans après la création de ses personnages les plus iconiques, il les réunit dans son nouveau roman, Les Évangiles écarlates, pour un final démoniaque. On retrouve donc Pinhead le Cénobite (apparu dans la novella Hellbound Heart [1] en 1986) et Harry D’Amour le détective de l’occulte (découvert dans la nouvelle « The Last Illusion » du volume 6 des Books of Blood [2] en 1985).
Avide de puissance et de gloire, le Prêtre de l’Enfer, plus connu sous le sobriquet de Pinhead, s’empare des pouvoirs de tous les magiciens pour prendre la place de Lucifer, maître des abysses infernaux. Il ne lui manque qu’un témoin de sa croisade et il choisit Harry D’Amour pour jouer ce rôle. Afin de l’inciter à le suivre au plus profond de l’Enfer, Pinhead enlève la meilleure amie d’Harry, Norma Paine la médium aveugle.
Traduit par Benoit Domis, Les Évangiles écarlates est un véritable roman d’aventures horrifiques qui happe le lecteur pour un voyage infernal et ne le laisse descendre qu’au terme d’une lecture endiablée.
Pourtant, les amateurs de comics savent bien que Les Évangiles écarlates n’est pas le lieu de la première rencontre entre Pinhead et Harry D’Amour. En effet, depuis 2011, l’éditeur californien Boom! Studios a lancé une série de rééditions des adaptations de l’univers Hellraiser réalisées, entre 1989 et 1994, par différents artistes pour Epic Comics, l’un des labels adultes de Marvel. Suivent ensuite de nouvelles variations autour d’Hellraiser et de Nightbreed auxquelles Clive Barker participe en tant que co-scénariste. Enfin, il ne faut pas oublier Next Testament [3], une création co-signée par Barker et Mark Alan Miller, vice-président de Seraphim Films (qui a co-produit le director’s cut de Cabal, Le maître des illusions et Saint Sinner).
C’est au cœur des nouvelles séries consacrées à l’univers Hellraiser que le romancier orchestre la rencontre tant attendue entre Pinhead et Harry D’Amour. Le détective de l’occulte apparaît ainsi dans l’épisode 14 et joue l’un des rôles principaux de l’affrontement en cours qui oppose, une fois encore, Pinhead à Kirsty Cotton. Dans cette trame scénaristique, développée par Clive Barker avec la participation de Mark Alan Miller (Clive Barker’s Hellraiser n° 14 à 20) et de Brandon Seiffert (Clive Barker’s Hellraiser: The Dark Watch n° 1 à 12), D’Amour perd son humanité pour devenir le maître des armées de l’Enfer tandis que Pinhead, ayant repris forme humaine, part à la conquête du monde des vivants pour le modeler selon ses désirs malsains et destructeurs. Piégé dans les profondeurs infernales, Harry est pratiquement l’égal du plus puissant des Cénobites, même si sa poitrine lacérée laisse entrevoir un cœur qui bat encore et s’il se sert de son pistolet pour vaincre certains de ses nombreux adversaires. L’inversion des rôles, Harry en Cénobite et Pinhead en humain, ainsi que l’intervention de quelques figures issues des textes de Clive Barker et de la série cinématographique [4] : Kirsty, Tiffany, Norma Paine, Female Cenobite, …, pimentent ces comics.
Outre la participation de scénaristes dont les noms sont associés à l’horreur ou le fantastique, comme Brandon Seiffert (Witch Doctor chez Image Comics) ou Chris Monfette (la série télévisée 12 Monkeys). Côté dessins, Boom! Studios a fait appel à des artistes au trait sombre et puissant, à commencer par Leonardo Manco (Hellstorm: Prince of Lies pour Marvel) qui signe les deux premiers épisodes de ce revival et Tim Bradstreet (Hellblazer pour Vertigo) responsable d’une majorité de couvertures.
D’ailleurs, après avoir dévoré Les Évangiles écarlates, rien n’empêche d’admirer, sur la toile, les exceptionnels travaux de Tim Bradstreet [5].

Notes :


1 – Traduit en français par Mélanie Fazi et publié par les éditions Bragelonne, en 2008, sous le titre Hellraiser.


2 – Le volume 6 des Livres de sang est paru en France, dans la collection Ténèbres des éditions J’ai lu, traduit par Jean-Daniel Brèque.


3 – Boom! Studios a ainsi publié douze épisodes de Clive Barker’s Hellraiser Masterpieces (2011-2012), vingt numéros de Clive Barker’s Hellraiser (2011-2012), quatre chapitres de Clive Barker's Hellraiser: The Road Below (2012-2013), douze épisodes de Clive Barker’s Hellraiser : The Dark Watch (2013-2014), douze numéros de Clive Barker’s Next Testament (2013-2014), six chapitres de Clive Barker’s Hellraiser: Bestiary (2014-2015) et douze épisodes de Clive Barker’s Nightbreed (2014-2015).


4 – Clive Barker a écrit et réalisé, en 1987, le premier long-métrage de la série des Hellraiser avec la première apparition de Pinhead (interprété par Doug Bradley). Il a fait de même pour Lord of Illusions, en 1995, unique aventure cinématographique d’Harry D’Amour (avec Scott Bakula dans le rôle principal).


5 – S’il a dessiné quelques comics, Tim Bradstreet est surtout un véritable maître dans l’art de la couverture où son trait réaliste, quasi photographique, fait merveille, surtout lorsqu’il s’agit du Punisher de Marvel ou de John Constantine, Hellblazer chez Vertigo. Pour Boom! Studios, il a signé plus d’une trentaine de couvertures des séries Clive Barker’s Hellraiser, Clive Barker’s Hellraiser: The Road Below et Clive Barker’s Hellraiser: The Dark Watch.
 

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