FILM : Batman v Superman : L’Aube de la justice


Scénario de David S. Goyer & Chris Terrio – d’après une histoire de David S. Goyer & Zack Snyder et les personnages créés par Bill Finger & Bob Kane (Batman) et Jerry Siegel & Joe Shuster (Superman) – réalisation de Zack Snyder
Sortie en salles : 25 mars 2016 (USA) et 23 mars 2016 (France)
Atlas Entertainment, RatPac-Dune Entertainment, DC Comics et Warner Bros.

Dix-huit mois après les terribles évènements de Smallville et de Metropolis, le milliardaire Alexander Luthor propose aux autorités américaines de fabriquer une arme capable de neutraliser la menace que pourrait représenter la puissance quasi divine d’un Superman. De l’autre côté de la baie, à Gotham City, un justicier vêtu comme une chauve-souris fait planer la terreur sur les criminels au grand dam d’un journaliste intègre nommé Clark Kent.
Après Marvel, DC Comics essaie de recréer, sur grand écran, son univers interconnecté de super-héros. Après les multiples versions de Batman, de Tim Burton en 1989 jusqu’à celle de Christopher Nolan en 2005, et les tentatives plus ou moins réussies de donner un visage à Superman réalisées par Richard Donner en 1978, Bryan Singer en 2006 et Zack Snyder en 2013, DC Comics tente d’unifier ses créations cinématographiques en les dotant d’ une tonalité différente de celle de son concurrent de toujours. À l’instar du Dark Knight de Frank Miller en comic book et de la trilogie de Nolan, cet univers cinématographique est bien plus sombre et même Superman a perdu l’optimisme que savait lui insuffler le comédien Christopher Reeve (1952-2004) dans les quatre films qu’il tourna, dans le costume bleu et rouge, entre 1978 et 1987.
Si l’intérêt de Batman v Superman est de créer une connexion entre les deux icônes de DC Comics que sont Batman et Superman, les faire s’affronter est à la fois une bonne et une mauvaise idée. Bonne idée, car la bagarre entre deux super-héros qui finissent par devenir les meilleurs amis du monde est un grand classique des comic books des années 60 et 70. Mauvaise idée, car cela revient à doter des héros de chair et d’os (dont quelques-uns finissent brisés au cours des combats) d’une intelligence de héros de papier.
Aux commandes de Batman v Superman, Zack Snyder fait du Zack Snyder avec des scènes de combat dantesques lorsque, enfin alliés, Batman et Superman, affrontent, avec l’aide inattendue de Wonder Woman, la menace ultime que représente Doomsday ! Le réalisateur est bien moins efficace lorsqu’il doit, après Tim Burton, Joel Schumacher, Christopher Nolan et Danny Cannon, ressasser les origines du pauvre orphelin milliardaire Bruce Wayne.
La distribution de Batman v Superman est plutôt surprenante. Si Henry Cavill incarne à merveille Superman et parvient à faire croire à son alter ego Clark Kent, on n’attendait pas Ben Affleck dans le rôle de Bruce Wayne alias Batman, surtout après la prestation de Christian Bale. L’ex-Daredevil incarne un héros désabusé, utilisant sans remords la violence, et sa prestation, sans faire oublier celle de son prédécesseur, est plutôt efficace, surtout lorsqu’il déploie tout l’arsenal des Batarangs, Batmobile, Batplane, armure de combat et autres gadgets lui permettant de compenser son absence de super-pouvoirs. Jouant de son charme et du mystère qui entoure son personnage, Gal Gadot donne un nouveau visage à Wonder Woman, mais sa prestation est trop courte pour émettre un véritable jugement. Et je ne parlerai pas des rapides apparitions de Jason Momoa en Aquaman, Ray Fisher en Cyborg et Ezra Miller en Flash. Quant à Jesse Eisenberg, il incarne le savant fou de service mais certainement pas le Lex Luthor des comic books. Ce n’est évidemment que mon avis de vieux lecteur de comics.
Au final, plombé par une exposition trop dense (le rappel des évènements de Man of Steel et la pénultième répétition des origines du Batman), Batman v Superman n’est pas le pur film d’action et de distraction qu’il aurait pu être. Au surplus, il manque, tout au long de ses 151 minutes de durée, d’un minimum d’humour ou d’autodérision pour être autre chose qu’un blockbuster de plus qui vise à battre le record des recettes.

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