BD : Lady Mechanika tome 1 : Le Mystère du corps mécanique


Scénario et dessins de Joe Benitez – Traduction de Jérôme Wicky – Couleurs de Peter Steigerwald – Couverture de Joe Benitez
Juin 2016 – 112 pages
Éditeur : Glénat, collection Glénat Comics – glenatbd.com

On l’appelle Lady Mechanika. Aventurière et détective privée, si elle obtient des résultats là où la police échoue, c’est peut-être grâce à ses deux bras mécaniques. N’ayant aucun souvenir de son passé, elle ne sait pas qui lui a greffé ces prothèses aussi efficaces que terrifiantes, chacune de ses enquêtes est également une quête de cette vie perdue.


C’est en tant que dessinateur que l’on a découvert Joe Benitez [1], au milieu des années 90. Il faisait partie de toute cette bande de jeunes illustrateurs réunis par Marc Silvestri pour créer son panthéon de super-héros sous l’étendard Top Cow Comics. Benitez a ainsi eu l’occasion de faire ses premières armes sur des épisodes de
Codename : Strykeforce ou Cyberforce Origins, ainsi que sur les séries Weapon Zero ou Magdalena. Il a également mis en images plusieurs cycles d’aventures de The Darkness, l’un des personnages phares de Top Cow. Tout en dessinant ces héros qui ne lui appartiennent pas, Benitez s’essaye au scénario en collaboration avec Marcia Chen et Malachy Coney sur The Darkness, Walt Simonson sur Weapon Zero ou encore Larry Hama et David Wohl sur le one-shot Ballistic/Wolverine.
En 2005, Joe Benitez se fait créateur avec les six épisodes de Wraithborn qu’il écrit et dessine pour le label WildStorm Signature avec l’aide de Marcia Chen au scénario et de Joe Weems V à l’encrage. À la demande des responsables éditoriaux d’Aspen, il reprend brièvement le dessin de Michael Turner’s Soulfire, terminant la série limitée créée par son ami Michael Turner (1971-2008) trop tôt disparu. Toujours pour Aspen, il crée en 2010 le personnage de Lady Mechanika le temps d’une série limitée en cinq épisodes que Glénat édite enfin, en deux tomes, en cette année 2016.


Lady Mechanika
entraîne ses lecteurs dans un univers steampunk plus décalé qu’à l’accoutumée. En effet, outre une technologie plus avancée, le Londres de la série de Joe Benitez intègre des créatures qui pourraient tout aussi bien être des monstres nées de la folie d’un sorcier ou fabriquées par un généticien tout aussi dément. Le dessin de Benitez est toujours aussi gracieux et élégant, mettant en exergue la féminité de Lady Mechanika, malgré ses bras d’acier et ses yeux de feu. La mise en couleurs de Peter Steigerwald participe à créer une ambiance particulière, moins sombre que certaines autres aventures steampunk publiées çà et là, et moins criarde que la plupart des séries de super-héros. Pilier d’Aspen MLT, Steigerwald a également fait ses débuts d’artiste chez Top Cow, dans les années 90, comme coloriste, Editor et signant aussi quelques couvertures, car l’homme cumule bien des talents.
Le premier tome de cette édition française réunit les trois premiers épisodes du cycle « Le Mystère du corps mécanique », ainsi que huit pages de crayonnés et couvertures originales. Les Éditions Glénat ont le bon goût d’ajouter, en préambule, le numéro zéro de la série qui plonge directement au cœur de l’action.
Comme pourrait le dire Lady Mechanika, foutre-dieu, voilà de la belle ouvrage. Même si le scénario et les dialogues de ce premier tome manquent un peu de force, Joe Benitez se rattrape sans problème par l’excellence graphique de sa création.


Note :

1 – Depuis 2015, Joe Benitez s’autoédite sous le label Benitez Productions. Il propose ainsi, en 2016, de suivre Lady Mechanika : The Lost Boys of West Abbey et Wraithborn Redux.

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