COMIC BOOK : Mercury Heat n° 7


Scénario de Kieron Gillen – Dessins de Nahuel Lopez – Couleurs de Digikore Studios – Couverture de Nahuel Lopez
January 2016 – 32 pages
Éditeur : Avatar Press (USA) – avatarpress.com

L'espace, l'ultime frontière. Après l’épuisement de toutes les ressources naturelles de la Terre, c’est sur Mercure, la planète la plus proche du Soleil, que l’humanité a implanté ses installations minières. Luiza Bora fait partie des personnels chargés d’assurer l’ordre et la sécurité au cœur de ce monde minier. La voici aujourd’hui confrontée à une terrifiante menace, celle du virus Crossed.


Contrairement à d’autres éditeurs américains, Avatar Press n’est pas connu pour ses cross-overs ou pour son univers partagé. Il y a bien eu, par le passé, quelques rencontres, mais il s’agissait d’aventures sans la moindre conséquence sur le reste des titres Avatar Press. En 2007, le diptyque
Lady Death/Shi permet ainsi aux deux bad girls créées l’une par Brian Pulido et la seconde par Billy Tucci, de s’affronter avant de très classiquement faire cause commune.
D’autres créatures aussi sauvages que charmantes, telles que Pandora, Hellina, Avengelyne, Widow ou Razor, se croisent le temps d’un one-shot ou d’une série limitée. En dehors de ces team-ups offrant l’occasion aux héroïnes les plus sexy de s’allier ou de se combattre, les personnages ou concepts d’Avatar Press vivent leur vie, chacun de leur côté.


Créée par Kieron Gillen, connu pour
The Wicked + The Divine (Image Comics) et Über (Avatar Press), en 2015, Mercury Heat est une série de space opera mélangeant des influences et des références diverses. Pour le décor minier et spatial, on pense bien évidemment à Outland, le film de Peter Hyams (1981), avec Sean Connery. Les méthodes un brin expéditives de la représentante de l’ordre qu’est Luiza Bora renvoient forcément au Judge Dredd archétype du genre en la matière. Après avoir permis à son héroïne tout de rouge vêtue, mais qui n’a rien à voir avec le Petit Chaperon Rouge (sauf s’il s’agit de sa version Zenescope Entertainment, le Red Agent), de sauver la colonie mercurienne d’une ténébreuse conspiration, Gillen lui offre un final surprenant. En effet, dans les dernières pages du septième numéro de ses aventures, Luiza doit faire face à trois individus pris d’une folie furieuse, le visage marqué d’une cicatrice sanglante en forme de croix, en train de dépecer un quatrième. Tombe alors le titre de l’épisode : « Another Bloody Crossover ». Le scénariste, qui a eu l’occasion d’écrire l’un des nombreux cycles de Crossed: Badlands, plus précisément les n° 75 à 80, en 2015, joue avec humour de ce face-à-face. Habituée à la violence des mineurs et des cyborgs de la colonie mercurienne, Luiza n’hésite pas à employer la force pour immobiliser les Crossed qui ont perdu toute humanité et n’ont que des envies de viol et de meurtre en eux (et pas forcément dans cet ordre). Des Crossed qui, comme le lui rappelle son programme d’assistance, ne sont pas des criminels et ne peuvent donc pas être neutralisés de manière définitive. Ce qui permet à Luiza d’utiliser la célèbre technique du tir dans les genoux popularisée par un Terminator bien connu.


Nahuel Lopez (God is Dead pour Avatar Press), qui a repris le dessin de Mercury Heat depuis son cinquième épisode, a su imposer son trait classique et efficace après le départ du créateur graphique de la série, Omar Francia (Arrow pour DC Comics). Comme beaucoup d’artistes travaillant pour Avatar, Lopez a eu l’occasion de mettre en images quelques numéros de Crossed: Badlands, du 71 au 74, sur un scénario de David Hine (Second Sight pour Aftershock Comics). Ses Crossed sont donc tout à fait raccord avec ceux de la série dont ils sont issus actuellement illustrée par Emiliano Urdinola (God is Dead pour Avatar Press) sur des textes de Christos N. Gage (The Amazing Spider-Man pour Marvel Comics).
En injectant une bonne dose d’humour et en jouant avec le décalage des Crossed primitifs affrontant la technologie dernier cri de Luiza, Kieron Gillen donne du peps à une série qui ronronnait sans véritablement se démarquer des autres. Un cross-over, qui n’en est peut-être pas vraiment un, à suivre sur quatre épisodes !
 

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