Scénario
de John Wagner – Traduction de Philippe Touboul – Dessins de Carlos Ezquerra,
Simon Fraser et Colin MacNeil – Couleurs de Carlos Ezquerra, Gary Caldwell et
Colin MacNeil – Couverture de Carlos Ezquerra
Août
2016 – 126 pages
Éditeur :
DELIRIUM/360 Media Perspective - labeldelirium.com
Après
avoir proposé un Judge Dredd :
Origines d’excellente facture, DELIRIUM récidive avec un deuxième tome tout
entier consacré à la proche parenté du plus célèbre et du plus rigide des juges
de Megacity One : le Judge Joseph Dredd !
Compilant
ainsi des histoires plus ou moins longues, parues dans les pages de 2000 AD et de Judge Dredd Megazine, entre 2000 et 2004, ce volume permet de
retrouver ou de découvrir la famille forcément atypique de Dredd.
En
effet, en tant que clone du premier des Juges, Eustace Fargo [1], Dredd
n’a pas de réelle famille, ni père, ni mère. Les obligations de sa fonction font
qu’il n’a et n’aura pas d’épouse, ni d’enfant. En revanche, il a des frères de
sang qui ont été clonés à partir de son ADN de juge parfait. Ce sont donc ces
frères de sang que l’on croise au fil des pages de ce nouvel album.
Après
un premier chapitre, « La petite amie », sans rapport direct avec la
famille de Dredd, mais qui permet d’apprécier toute l’efficacité du duo Wagner-Ezquerra [2]
dans sa description d’une civilisation décadente et sans repère, on entre de
plain-pied dans les liens du sang du titre.
Le
premier clone invité n’est autre qu’un cadet simplement baptisé Dredd qui doit
faire ses preuves au côté de Joe Dredd en personne. Cette histoire, intitulée
« Cadets de la lignée » et illustrée par Simon Fraser, permet à John
Wagner de faire un parallèle entre le Juge vieillissant et le Cadet qui lui
ressemble sans doute plus que l’un et l’autre ne le voudraient. En choisissant,
au terme de cette première patrouille, de prendre le nom de Rico, le jeune juge
souhaite donner une deuxième chance à ce nom qui hante le passé de Dredd.
« Poste
de justice », le plus long chapitre de cet album, nous fait suivre les
premiers pas et le quotidien du Judge Rico. Tout frais émoulu de l’académie,
aussi froid et efficace que son géniteur, il se retrouve au milieu d’autres
représentants de la loi qui, au fil des ans et des mauvaises rencontres, dans
cette ville tentaculaire et sans âme, ont oublié qu’ils devaient être
irréprochables.
Les
douze pages d’« Adieu Rowdy » ont un petit goût de nostalgie pour
Wagner et Ezquerra, puisque Joe Dredd propose à Rico de reprendre l’appartement
qu’il occupait vingt-cinq ans plus tôt dans le bloc Rowdy Yates.
C’est
ensuite Vienna, la fille de Rico Dredd, qui est la vedette de « Le sang et
le devoir », une histoire illustrée par Colin MacNeil, et qui montre que
l’intransigeant Judge Dredd fait passer le devoir avant les sentiments.
L’ultime
récit de ce recueil, « Frères de sang » concocté par Wagner et
Ezquerra, offre à Rico l’occasion de se trouver dans la peau du maître
lorsqu’on lui confie ce cadet et ce clone atypique dans la lignée Dredd qu’est
Dolman [3].
Avec
Judge Dredd – Les liens du sang, DELIRIUM réussit un sans-faute pour cette réédition
soigneusement choisie d’histoires de famille du Judge Dredd, même si les
puristes pourront toujours dire qu’il manque quelques clones à cette réunion
familiale (Kraken, Nimrod ou Jessica Paris).
Les
aventures du Judge Dredd ne sont qu’un pur divertissement, c’est une évidence,
mais John Wagner pointe régulièrement les dérives ô combien actuelles de notre
société, à travers la tentaculaire et fictive mégapole américaine. En relisant
certaines de ces histoires, on ne peut qu’espérer que l’univers fascisant de Megacity One
ne se transformera pas en réalité.
Notes :
1 - Pour
en savoir plus sur la genèse du monde de Judge Dredd, il suffit de lire Judge Dredd : Origines, écrit par
John Wagner, illustré par Kev Walker et Carlos Ezquerra, publié sous le label
DELIRIUM en mars 2016.
2 - Le
scénariste John Wagner et le dessinateur Carlos Ezquerra ont créé le personnage
de Judge Dredd dans le deuxième numéro de l’hebdomadaire anglais 2000 AD en 1977. Il est toujours
présent au sommaire du magazine qui vient d’atteindre son 2000ème numéro fin septembre 2016.
3 - Dolman est le seul clone de Joe Dredd dont on a pu découvrir le visage car il a
subi une opération de chirurgie esthétique qui l’a rendu complètement différent
de celui de son géniteur.






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