SERIE TV : Luke Cage Saison 1 1er et 2e épisodes


Scénario de Cheo Hodari Coker – d’après les comic books d’Archie Goodwin, George Tuska, Roy Thomas et John Romita (Marvel Comics) – réalisation de Paul McGuigan
Diffusion Netflix : 30 septembre 2016
Marvel Television, Netflix et ABC Studios Productions

Grand, costaud, le crâne chauve, Luke Cage ne passe pas inaperçu. Pourtant, l’homme fait tout pour rester le plus discret possible. Il cumule les petits boulots, faisant le ménage chez Pop, le barbier du quartier, et la plonge au Harlem Paradise, le night-club de Cornell "Cottonmouth" Stokes. Luke semble avoir fait sienne la maxime « pour vivre heureux, vivons caché », mais la mort de Pop, tué par l’un des sbires de "Cottonmouth" oblige Cage à révéler sa vraie nature.


Netflix poursuit sa série gagnante d’adaptation Marvel avec
Luke Cage. Après le quartier d’Hell’s Kitchen sur lequel veille Daredevil, c’est à Harlem que nous entraîne les treize épisodes de cette nouvelle saison.
Créé dans les années 70, Luke Cage est le premier super-héros noir à avoir droit à son propre titre. Il naît en pleine période de blaxploitation qui voit des personnages à la peau noire avoir les premiers rôles de livres ou de films à l’image de John Shaft, le privé des Nuits rouges de Harlem (de Gordon Parks, 1971).
Dans sa toute première incarnation, Luke Cage a le cheveu crépu tenu par un serre-tête bleu acier et une superbe chemise jaune. Mais, au-delà de cette apparence éminemment datée, il est un véritable super-héros à la force surhumaine et à la peau blindée. Il devient alors le héros à louer de Harlem et, à ses débuts, se heurte plus fréquemment le gangster du coin que le super-vilain qui menace la paix mondiale, même si dès le 9e épisode de Luke Cage, Hero for Hire, le scénariste Steve Englehart l’envoie affronter le Doctor Doom en Latveria. Aussi baptisé Power Man, nom plus super-héroïque, Cage finit par partager son comic book avec Daniel Rand alias Iron Fist. À ce titre, le n° 50 de Power Man and Iron Fist, écrit par Chris Claremont et dessiné par John Byrne est exemplaire. En effet, il permet de retrouver, outre Cage et Iron Fist (qui sera le héros de la prochaine production Marvel-Netflix), Misty Knight, Rafael Scarfe et Claire Temple (autant de personnages qui apparaissent dans la série TV Luke Cage).


Pour la version télévisée, Luke Cage, interprété par Mike Colter, adopte un look plus classique, avec le gag récurrent du sweat-shirt à capuche qui finit systématiquement troué par les impacts de balles. Cet aspect physique ne peut pas surprendre toutes celles et ceux qui ont eu l’opportunité de suivre les treize épisodes de
Jessica Jones, autre collaboration Marvel-Netflix. En effet, Cage/Colter est présent dans sept épisodes aux côtés de Jessica Jones (Krysten Ritter) et échappe à la mort grâce à l’intervention de Claire Temple (Rosario Dawson). Ce dernier personnage crée un lien entre les séries Daredevil (où elle a un rôle récurrent), Jessica Jones et Luke Cage.
Dirigés par Paul McGuigan (réalisateur de quatre épisodes Sherlock), « Moment of Truth » et « Code of the Streets » installent l’ambiance très particulière de cette adaptation qui rappelle vraiment les vieux films des années 70 sans pour autant sombrer dans le rétro. La bande-son qui joue la carte du RnB, du hip-hop et du blues participe bien évidemment à cette atmosphère.
Certes, comparé au monolithique Wilson Fisk de Daredevil ou à l’inquiétant Killgrave de Jessica Jones, le "Cottonmouth" (Mahershala Ali) de Luke Cage semble n’être qu’un second couteau, mais cela a l’avantage de rendre  l’indestructible super-héros plus réel que le gars costumé en rouge. Pour sa part, le comédien Frankie Faison interprète un mentor des plus convaincant, dont la mort sera l’élément déclencheur de la transformation de Luke Cage en véritable héros enfin prêt à s’impliquer personnellement pour son quartier et ses habitants.
Lors d’une interview, Cheo Hodari Coker, scénariste de ces deux premiers épisodes et showrunner de la série a confié : "Mettre une capuche à Luke Cage, c'était pour moi l'occasion de montrer que les hommes noirs avec une capuche ne sont pas des criminels. On ne peut pas juger une personne par rapport à ce qu'elle porte". Cette volonté d’ancrer Luke Cage dans l’actualité se retrouve donc, en partie, à l’écran.
Beaucoup plus lente que ses prédécesseurs et plus politique sans être réellement polémique, Luke Cage ne plaira peut-être pas à tous les amateurs de super-héros Marvel, mais elle a plus d’un argument pour convaincre.

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