Scénario
de Jean-David Morvan – d’après le roman de René Barjavel – Dessins de Rey
Macutay – Couleurs de Walter – Couverture de Rey Macutay
Septembre
2016 – 46 pages
Éditeur :
Glénat - glenatbd.com
Le
Patriarche et ses fidèles encerclent le village de La Cadière-d'Azur. Ils
affrontent au corps à corps les rebelles réunis autour du Forgeron du Mont
Ventoux, ceux qui veulent faire renaître la technologie qui a déjà causé la fin
d’un monde, le nôtre.
Cent
ans avant cette bataille, en 2052, François Deschamps quitte Marseille pour
rejoindre la capitale. Il a été reçu premier au concours d’entrée de l’École
supérieure de Chimie agricole et il compte bien revoir sa fiancée, la
belle Blanche Rouget qui est montée à Paris pour devenir une vedette de la
chanson. Mais rien ne va se dérouler comme les deux jeunes gens l’espèrent.
Adapter
le roman apocalyptique de René Barjavel (1911-1985) n’est pas chose évidente,
car le texte de l’auteur du Voyageur
imprudent Denoël, 1944) et du scénariste du Petit monde de Don Camillo (de Julien Duvivier, 1952) est
éminemment daté. Publié en 1943, par les éditions Denoël, Ravage est le reflet de son époque, notamment en ce qui concerne la
place des femmes. Le principal intérêt du livre est de décrire l’effondrement
rapide et irréversible de la civilisation lorsque l’électricité disparaît
mystérieusement et de manière définitive.
Jean-David
Morvan, qui a déjà adapté Alexandre Dumas, Mark Twain ou Edgar Poe en bandes
dessinées, a la très bonne idée de ne pas suivre la narration linéaire du roman
de Barjavel. Il plonge ainsi le lecteur au cœur de l’action, alors que la
bataille fait rage entre les fidèles du Patriarche, tenants d’un retour aux
valeurs fondamentales, et les hérétiques qui veulent reconstruire des machines.
Dans ce premier chapitre graphique, qui occupe les treize premières planches de
l’album, le trait énergique du dessinateur philippin Rey Macutay fait
merveille. Il fait du Patriarche une sorte de Gandalf survitaminé qui se bat en
duel un véritable chevalier de l’apocalypse. Il est tout aussi efficace
lorsqu’il donne corps à un Paris du futur, en particulier la double planche des
pages 20 et 21, dominé par la colossale et sombre tour de la Ville d’or, où
circulent des voitures volantes.En
gommant certains des traits caricaturaux du roman de Barjavel, Jean-David
Morvan propose une adaptation intéressante et moderne de Ravage. On ne peut qu’espérer qu’elle tiendra toutes ses promesses
jusqu’à l’ultime page du troisième volume, à paraître en 2018 si tout va bien…
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