BD : Infinity 8 1/6


Scénario de Zep et Lewis Trondheim – Dessins, couleurs et couverture de Dominique Bertail
Octobre 2016 – 32 pages
Éditeur : Rue de Sèvres - editions-ruedesevres.fr

Chargée de la sécurité à bord de l’« Infinity 8 », Yoko Keren était jusqu’alors plus occupée à chercher le géniteur idéal de sa progéniture à venir qu’à faire régner l’ordre sur les mutiples ponts du super-paquebot cosmique. Mais, lorsque le navire spatial se retrouve coincé dans d’étranges Sargasses de l’espace, c’est elle qui est désignée pour tenter une sortie extravéhiculaire pour découvrir la source de la menace qui pèse sur les quelque 88 000 passagers du vaisseau.


Proposé sous forme de fascicules format comic book, le projet Infinity 8 regroupe des auteurs qui n’ont, a priori, rien en commun. Nous avons un chantre du loufoque en la personne de Lewis Trondheim (les séries Donjon chez Delcourt), un maestro de l’humour de cour d’école avec Zep (Titeuf chez Glénat) et un habitué de la BD réaliste nommé Dominique Bertail (Ghost Money chez Dargaud). Ensemble, ils font feu de tout bois en concoctant une aventure largement influencée par le space opera directement issu des pulp magazines de la belle époque. Ils modernisent cependant le genre en donnant la vedette à une héroïne qui ne joue pas les princesses en détresse, mais prend les choses en main. Celle-ci est aussi pulpeuse que libérée sexuellement. Au tout début du récit, sa préoccupation première est ainsi de trouver le père génétiquement qui pourra lui faire des enfants parfaits. Mais la jeune femme va bien vite devoir faire face à bien des mystères et bien des périls à commencer par une race de nécrophages qui se repaissent des corps momifiés des équipages des navires coincés dans un amas tout autour de l’« Infinity 8 ».


Si la mission de Yoko Keren est essentielle à la survie du paquebot, le duo d’auteurs dispose de l’astuce scénaristique idéale en la personne du Capitaine du vaisseau. En effet, ce dernier est un extraterrestre capable d’explorer une trame temporelle durant huit heures et, au terme de ce délai, de revenir en arrière pour tout recommencer.
Le dessin de Dominique Bertail est un petit peu plus léger qu’à l’habitude, mais la perte en réalisme lui fait gagner en fougue, ce qui convient parfaitement à cette aventure débridée.
Infinity 8 peut et doit se lire comme une bande dessinée de pur divertissement où tout est possible au gré de l’imagination des auteurs attachés à ce projet de longue haleine [1].

Note :


1 – Placé sous la direction artistique d’Olivier Vatine et la direction littéraire de Lewis Trondheim, le projet Infinity 8 se présente sous forme de six fascicules souples, publiés à l’automne 2016, qui seront réunis en albums cartonnés à partir de janvier 2017. D’autres aventures, avec de nouvelles héroïnes, suivront ensuite, avec de nouveaux scénaristes et dessinateurs : Boulet, Kris, Emmanuel Guibert, Fabien Vehlmann, Olivier Balez, Killofer, Davy Mourier et Franck Biancarelli.

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