EXPOSITION : Tromelin, l'île des esclaves oubliés


Du mardi 13 décembre 2016 au dimanche 30 avril 2017, au Musée d’Aquitaine de Bordeaux (33)
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En 1761, l’« Utile » un navire de la Compagnie française des Indes orientales fait voile vers l’Île Maurice où il doit débarquer une cargaison de marchandises diverses, dont cent soixante esclaves malgaches. Ces derniers ont été embarqués en fraude par le commandant, sans l’autorisation de la compagnie. Cherchant à éviter les routes maritimes habituelles et s’appuyant sur une carte de navigation erronée, le capitaine conduit finalement son bateau au naufrage. Dix-huit marins et soixante-dix esclaves périssent noyés, alors que les quelque deux cent dix rescapés trouvent refuge sur une île déserte, l’Île de Sable. La survie s’organise en utilisant les rares ressources de l’île et de l’épave. Les membres de l’équipage construisent ainsi une embarcation de fortune avec laquelle ils reprennent la mer. Faute de place, ils abandonnent les esclaves en leur promettant de leur envoyer rapidement des secours. Quinze ans plus tard, une corvette commandée par l’enseigne de vaisseau Jacques Marie Tromelin récupère sept femmes et un bébé ayant survécu sur cet îlot perdu.


C’est cette histoire et celles des quatre missions archéologiques réalisées entre 2006 et 2013 que raconte l’exposition temporaire Tromelin, l’île des esclaves oubliés, conçue par le Musée d’histoire de Nantes et présentée par le Musée d’Aquitaine. Mêlant documents et objets d’époque, répliques, vidéos et infographies, la présentation faite sur deux niveaux permet de mieux appréhender la tragédie vécue par des êtres humains perdus au milieu de l’océan. Ces naufragés sont coincés sur une île qui n’offre qu’un puits d’eau saumâtre, une maigre végétation, des poissons, quelques oiseaux et tortues de passage comme moyens de survie.


En complément de ces éléments historiques, sont présentées une quinzaine de planches originales et de nombreux fac-similés extraits de la bande dessinée Les esclaves oubliés de Tromelin. Réalisée par Sylvain Savoia pour la collection Aire Libre des éditions Dupuis, en 2015, cette œuvre de fiction s’inspire des recherches menées par Max Guérout (Groupe de Recherche en Archéologie Navale), Thomas Romon (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) et leur équipe sur l’Île de Sable rebaptisée Île Tromelin, le sauveur de 1776. Invité par les archéologues, Savoia passa un mois sur le site, ce qui donne une réelle authenticité à ce récit graphique.
Témoignage sur l’esclavage, cette exposition est à découvrir, au Musée d’Aquitaine, jusqu’au 30 avril 2017.

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